
Pour nous, Ukrainiens, le 24 février est un jour sombre, une date d’infamie, tragique anniversaire du début de l’agression russe à grande échelle contre notre pays. Depuis près d’un an, la perspective d’une trêve, voire d’une fin de la guerre, est souvent évoquée. Aujourd’hui encore, alors que cet hiver est le plus rigoureux depuis 2022, les frappes intenses et répétées de la Russie contre les infrastructures ukrainiennes peuvent être interprétées comme la volonté de la partie russe de renforcer sa position dans les négociations menées en Arabie saoudite.
Compte tenu du rapport démographique entre l’Ukraine et la Russie (environ 30 millions d’Ukrainiens sur le territoire de l’Ukraine non occupée et environ 144 millions de Russes) et de l’obsession de son régime autoritaire à atteindre ses objectifs, la Russie peut mener une guerre d’usure, tout en feignant de l’intérêt pour le processus de négociation. En réalité, le principal obstacle à la réalisation du plan russe de capitulation est le refus du peuple ukrainien de se soumettre.
D’ailleurs, les généraux russes connaissent les spécificités architecturales de la capitale ukrainienne, composée de quartiers résidentiels aux nombreux immeubles de 16 à 25 étages. Oleh Popenko, président de l’Union ukrainienne des consommateurs de services publics, a rappelé qu’il était impossible de transposer les solutions européennes de chauffage à Kyiv [nom ukrainien de Kiev], compte tenu de la densité exceptionnelle de son urbanisation : en comparaison d’autres capitales européennes, le système de chauffage de Kyiv est vulnérable en raison de la densité du bâti, des importantes déperditions de chaleur, de la complexité du réseau hydraulique et d’une forte dépendance au chauffage centralisé.
Le froid hivernal est le moment idéal pour la Russie pour frapper de bombardements intenses les infrastructures ukrainiennes, et toutes les grandes centrales thermiques et hydroélectriques ukrainiennes ont désormais été endommagées. Depuis début 2026, la Russie a mené plus de 200 attaques contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Il existe désormais un néologisme en ukrainien qui désigne le fait de geler une population jusqu’à la mort. Le véritable but de cette tactique russe du grand froid n’est-il donc pas d’anéantir la capacité de résistance, de semer la discorde et d’aboutir à l’exode des Ukrainiens ?
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