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Même dans les stades africains, TotalEnergies n’est plus à l’abri des critiques. Premier sponsor de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) dont la 34édition s’est ouverte samedi 13 janvier à Abidjan, la multinationale se fait étriller par les rappeurs sénégalais Xuman et Keyti dans un clip de 4 minutes mis en ligne le 12 janvier et déjà visionné des dizaines de milliers de fois sur YouTube. Les deux artistes y jouent les commentateurs sportifs dans une parodie de match de football opposant, d’un côté, l’équipe des pétroliers Oil United et, de l’autre, celle des défenseurs du climat Green United.

Les créateurs du Journal télévisé rappé (JTR) profitent de la compétition panafricaine, baptisée cette année CAN TotalEnergies, pour dénoncer les activités du groupe pétrolier et plaider en faveur de la fin de l’exploitation des énergies fossiles sur le continent. « On aime le foot, pas les pollueurs » scandent les rappeurs alors que défilent des images de l’Ouganda, où Total est à la tête d’un mégaprojet souvent décrit comme une « bombe climatique » avec son oléoduc long de 1 500 kilomètres jusqu’en Tanzanie et ses quelque 100 000 personnes déplacées.

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La vidéo fait partie d’une campagne lancée par Greenpeace Afrique et la coalition Kick Polluters Out qui s’est illustrée par ses actions contre le lobby des énergies fossiles lors des dernières conférences des Nations unies sur le climat (COP). « La science affirme que nous devons abandonner les combustibles fossiles au profit des énergies propres. Mais Total continue de déplacer des communautés pour de nouveaux forages pétroliers et de cracher des gaz à effet de serre avant d’expédier ses profits massifs en Europe. Total transforme la CAN, célébration de l’unité africaine, en une grotesque opération de greenwashing. Il est temps de chasser TotalEnergies de nos stades », demande ainsi Thandile Chinyavanhu, responsable de la campagne de Greenpeace Afrique.

Présent dans une quarantaine de pays en Afrique

Le partenariat entre la fédération sportive et la major française a été scellé pour huit ans en 2016. Outre la CAN, il couvre aussi les compétitions interclubs comme la Ligue des champions, la Supercoupe ou la CAN féminine garantissant la visibilité de la multinationale sur plus de 1 500 matchs. « L’envergure de cette opération et sa durée sont à l’image de l’ancrage fort de Total en Afrique où il est la première major pétrolière », se félicitait à l’époque le groupe dans un communiqué de presse annonçant la signature du contrat. L’entreprise réalise 30 % de sa production d’hydrocarbures sur le continent et est présente dans une quarantaine de pays.

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Mais ces dernières années, ses projets en Ouganda, au Mozambique ou encore en Afrique du Sud sont devenus la cible des militants du climat et des défenseurs des droits humains qui à travers leurs interpellations entendent aussi placer les dirigeants africains face à leur responsabilité à l’égard des générations futures.

Interrogé par Le Monde, TotalEnergies réfute les accusations de greenwashing et précise que ce partenariat à vocation « à faire connaître la dimension multi-énergies de ses activités et son ambition d’être un acteur majeur de la transition énergétique engagé vers la neutralité carbone en 2050 ». Il vise aussi, selon la compagnie, « à fédérer ses [10 000] collaborateurs » sur le continent. La CAF n’a pas répondu à nos sollicitations.

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