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La guerre entre Israël et le Hamas s’étend désormais jusqu’à la mer Rouge. Dès le mois de novembre, les houthistes, groupe rebelle yéménite chiite, ont mené au moins vingt-huit attaques ciblant des navires commerciaux aux pavillons de diverses nationalités afin de tenter d’imposer un cessez-le-feu dans la bande de Gaza. Pour riposter, les Etats-Unis ont lancé, à la mi-décembre 2023, une opération militaire contre le mouvement soutenu par l’Iran.

Un regain de tensions qui fait craindre un embrasement régional. « Ceux qui, en 2014, n’étaient encore qu’une simple milice ont développé, avec l’aide de Téhéran, un solide arsenal leur permettant de multiplier les tirs de drones ou de missiles visant le territoire israélien, ou en prenant pour cible des bâtiments civils et militaires », expliquait Elise Vincent dans les pages du Monde, le 13 janvier 2024.

Tirant leur nom du clan familial des Al-Houthi, les houthistes, ou houtis (les deux termes étant utilisés de manière interchangeable), sont les acteurs d’une guerre qui ravage le Yémen depuis 2004. La formation politico-militaire affronte une coalition menée par l’Arabie saoudite, qui soutient le régime officiel yéménite. Dans ce conflit meurtrier, localisé aux frontières du pays, viennent se greffer des enjeux internationaux : la rivalité entre musulmans sunnites et chiites, portée par l’affrontement Arabie saoudite-Iran, et désormais le conflit israélo-palestinien, Téhéran étant le principal soutien du Hezbollah libanais, ­lui-même allié du Hamas.

Agenda iranien

L’historique du terme « houthiste » dans Le Monde est révélateur de l’ampleur prise par le conflit au Yémen au fil des ans. La première fois que le quotidien mentionne ce groupe d’insurgés, le 25 août 2009, c’est dans une brève signée Reuters rapportant la mort d’une centaine de rebelles tués par les forces gouvernementales dans la province d’Aram, au nord du pays. « Ce bilan a été démenti par le porte-parole des insurgés houthis. »

Quelques semaines plus tard, le 11 septembre 2009, dans une chronique titrée « Yémen, la guerre oubliée », Gilles Paris revient sur cette « guerre civile anonyme » ignorée de tous. « Ce conflit (…) a sans doute déjà fait près de 10 000 morts et provoqué le déplacement de milliers de personnes », écrit-il. Le journaliste en explique les racines. « Président de la République arabe yéménite (nord) à partir de 1978, puis du Yémen réunifié depuis 1990, l’inamovible président Ali Abdallah Saleh accuse ces rebelles de vouloir renverser son régime (…) et d’être manipulés par l’Iran. »

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