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Hongkong veut passer la vitesse supérieure. Après avoir annoncé, en octobre 2023, sa volonté d’élaborer sa propre loi sur la sécurité nationale, trois ans après que Pékin a imposé un texte de grande envergure pour réprimer la dissidence, le gouvernement local a insisté, mardi 30 janvier, sur l’imminence du projet.

« Je dois insister sur le fait que la législation [au titre de] l’article 23 de la Loi fondamentale doit être faite (…) dès que possible », a déclaré le dirigeant John Lee, en référence à l’article de la mini-Constitution du territoire du sud de la Chine prévoyant que Hongkong légifère au sujet de sa propre sécurité nationale en ce qui concerne sept crimes d’ordre sécuritaire.

« Il s’agit d’une responsabilité constitutionnelle de [Hong Kong] (…) qui n’est pas assumée vingt-six ans après la rétrocession de Hongkong » à la Chine par le Royaume-Uni en 1997, a ajouté M. Lee, qui a assuré que les libertés seraient protégées et que les nouvelles lois respecteraient les normes internationales.

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Les administrations précédentes ne sont pas parvenues à promulguer une législation propre sur la sécurité nationale en raison de l’opposition du public. En 2003, un projet avait dû être abandonné sous la pression de quelque 500 000 manifestants opposés à la législation. « Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre plus longtemps », a déclaré le chef de l’exécutif, annonçant la publication dans la journée d’un document de consultation.

« Un pays, deux systèmes »

Ce texte, qui s’ajoutera à la législation en vigueur imposée par la Chine, portera sur cinq infractions, dont la trahison, l’insurrection et l’espionnage, ont fait savoir plusieurs responsables dont M. Lee.

La ville est administrée en vertu du principe « un pays, deux systèmes » qui permet une séparation des structures légale et judiciaire vis-à-vis de la Chine continentale.

« Si, en tant que société, nous sommes en apparence calmes et en sécurité, nous devons toujours nous méfier de potentiels sabotages et de courants sous-jacents qui tentent de provoquer des troubles, particulièrement quelques-unes des idées sur l’indépendance de Hongkong qui sont encore ancrées dans l’esprit de certaines personnes », a-t-il dit devant des journalistes.

« Quelques agents étrangers pourraient encore être actifs à Hongkong », a-t-il ajouté. « Les menaces sur la sécurité nationale sont réelles, nous en avons fait l’expérience et en avons souffert durement (…) nous ne voulons pas revivre cette expérience douloureuse. »

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Plus de trente personnes condamnées

De gigantesques manifestations pro-démocratie ont secoué la place financière en 2019, quand des centaines de milliers de personnes protestaient pour réclamer davantage de libertés. En réponse, Pékin a imposé en 2020 une loi de sécurité nationale portant sur quatre infractions – la sécession, la subversion, le terrorisme et la collusion avec des forces étrangères – punissables au maximum par une peine d’emprisonnement à perpétuité.

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Depuis que la Chine a imposé sa législation, 290 personnes ont été arrêtées en vertu de ce texte, dont des dizaines de figures de la vie politique locale, des militants pro-démocratie, des avocats, des syndicalistes et des journalistes. Plus de trente personnes ont été condamnées pour des infractions à la sécurité nationale.

Des opposants à la loi affirment que le texte à la portée étendue a eu un impact sur le statut de Hongkong en tant que centre financier international, soulignant la fuite actuelle des talents, au moment où des entreprises étrangères remettent en cause le choix de Hongkong comme pôle asiatique.

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Le Monde avec AFP et Reuters

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