
C’est un peu comme si ressurgissait soudain toute une époque disparue. Les visages d’un gouvernement d’il y a presque trente ans, quand la « dream team » de la gauche plurielle grimpait encore quatre à quatre les escaliers de Matignon pour aller voir celui qu’elle appelait « Lionel ». Ils sont donc là, cheveux blanchis et silhouettes fanées, comme la drôle de photo sépia d’une époque révolue qui fût souvent leur heure de gloire : Laurent Fabius et Daniel Vaillant, Martine Aubry et Elisabeth Guigou, l’ancienne patronne des écologistes Dominique Voynet et l’ex-dirigeant communiste Robert Hue, et même ceux qui firent scandale, Dominique Strauss-Kahn et Jack Lang, à nouveau rassemblés, mais cette fois autour du cercueil de Lionel Jospin, posé au pied du splendide dôme des Invalides, à Paris, jeudi 26 mars. « Avec lui, c’est une part de nous-mêmes qui s’en va », souffle François Hollande.
Il n’y a bien qu’un absent étonnant, dans cet aréopage de ce qui fût autrefois le rassemblement de la gauche : Jean-Luc Mélenchon. Alors que l’Elysée comme les anciens collaborateurs de Lionel Jospin assurent que personne n’a été écarté de la cérémonie, le leader de La France insoumise a écrit rageusement sur son blog : « Cher Lionel, j’ai été triste d’apprendre qu’on te rendrait hommage aux Invalides et que je n’y étais pas invité. Quels que soient les désaccords que tu as eus avec moi, je ne crois pas que tu aurais apprécié cette brutalité sectaire. Tu seras donc accompagné des seuls fossoyeurs de ce que tu avais entrepris. » Jeudi matin, il conviendra avoir été convié par l’Elysée, mais trop tard.
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