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Par le déploiement d’un certain nombre de dispositifs monétaires et de prestations liées notamment à l’accueil des jeunes enfants, les politiques familiales ont pour objectif de soutenir et d’accompagner les personnes qui font le choix de devenir parents. Mais quel impact ont-elles sur les intentions de fécondité ? Alors qu’Emmanuel Macron a dit, lors de sa conférence de presse du 16 janvier, envisager de mettre en place un congé de naissance pour favoriser un « réarmement démographique », l’économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (Sciences Po) Hélène Périvier, qui préside par ailleurs le Conseil de la famille au sein du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge – instance placée auprès du premier ministre –, doute que cela suffise à relancer la natalité, en baisse depuis 2011.

Que sait-on de l’effet des politiques familiales sur la démographie ?

Il est très difficile d’identifier l’effet spécifique d’une politique publique sur les décisions de fécondité, parce qu’il s’agit de décisions multidimensionnelles. Pour pouvoir évaluer l’effet d’une seule politique, il faut pouvoir isoler ses effets de ceux qui sont liés au contexte économique et social dans lequel elle est mise en œuvre. Les quelques travaux d’évaluation – sur la réforme de l’allocation de congé parental ou sur la modification du quotient familial – montrent que les effets sont globalement faibles, lorsqu’ils existent.

S’agissant de la réforme de la prestation partagée d’éducation de l’enfant, en 2015, qui a réduit à vingt-quatre mois la durée du congé parental, nous avons montré que cela n’a pas eu a priori d’effet sur les choix de fécondité.

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Y a-t-il des évolutions dans la politique familiale, ces dernières années, qui pourraient expliquer la baisse des naissances que l’on connaît depuis 2011 ?

La politique familiale s’est beaucoup transformée ces trente dernières années. La tendance, en France et plus largement en Europe, est à l’orientation vers les politiques d’articulation entre les vies professionnelle et familiale. Cela se traduit par le fait de limiter les allocations versées aux parents, pour investir dans des services publics, comme le déploiement des modes d’accueil. En France, on parle d’un service public d’accueil des jeunes enfants, sur lequel le Conseil de la famille a produit plusieurs rapports en 2023.

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Les pays dans lesquels ces politiques sont généreuses sont aussi ceux dans lesquels la fécondité est plus élevée. Rappelons qu’aujourd’hui encore ce sont les femmes qui gèrent la plus grande part des tâches familiales. La question de l’égalité femmes-hommes est centrale pour penser des politiques familiales d’articulation des temps de vie. Le congé parental s’insère dans cette vision : quand il est plutôt court et bien rémunéré, avec une incitation aux pères à y recourir, il permet aux femmes d’avoir à la fois une carrière et des enfants.

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