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Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 50 000 personnes ont fui la zone métropolitaine de Port-au-Prince, la capitale d’Haïti, en trois semaines, pour se mettre à l’abri de l’escalade des attaques de gangs. Elles ont principalement rejoint les départements du Grand Sud, qui accueillaient déjà 116 000 déplacés ayant fui ces derniers mois. Le précédent chiffre de l’OIM faisait état de 33 000 personnes ayant fui entre le 8 et le 20 mars.

Les provinces de destination des déplacés « n’ont pas suffisamment d’infrastructures et les communautés hôtes n’ont pas de ressources suffisantes qui peuvent leur permettre de faire face à ces flux de déplacements massifs venant de la capitale », a fait valoir l’OIM.

Selon ces données, 68 % de ces plus de 50 000 personnes étaient déjà des déplacés internes qui s’étaient souvent d’abord réfugiés chez des proches au sein de la zone métropolitaine. Certaines avaient même déjà été déplacées deux fois, trois fois ou plus. La grande majorité (83 %) des personnes interrogées par l’OIM dans le cadre de cette collecte de données ont déclaré quitter la capitale à cause des violences et 59 % ont assuré qu’elles en resteraient éloignées « aussi longtemps que nécessaire ».

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Crise humanitaire

Haïti est ravagé depuis des décennies par la pauvreté, les catastrophes naturelles, l’instabilité politique et la violence des gangs. Depuis la fin de février, ces derniers se sont associés pour attaquer les postes de police, les prisons, l’aéroport et le port maritime dans le but d’évincer le premier ministre, Ariel Henry. Très contesté, celui-ci a annoncé le 11 mars qu’il démissionnerait pour laisser la place à un « conseil présidentiel de transition ».

Mais, trois semaines plus tard, ce conseil n’a toujours pas été formé, en raison de désaccords entre les partis politiques et les autres acteurs qui doivent nommer le prochain premier ministre, et de doutes concernant la légalité même d’un tel organe.

Dans un communiqué publié lundi, le bureau de M. Henry a déclaré que le conseil n’avait pas encore été formé parce que la Constitution haïtienne n’autorisait pas sa création. Pendant ce temps, la violence des gangs se poursuit et la population est confrontée à une grave crise humanitaire, avec des pénuries de nourriture, de médicaments et d’autres produits de base.

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Le Monde avec AFP

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