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Le nom de Guillaume Kasbarian circulait depuis une quinzaine de jours, mais beaucoup refusaient de croire qu’il deviendrait ministre délégué au logement : choisir l’homme de la loi « antisquat » apparaissait comme une provocation à l’encontre du secteur, habitué à ce que ce ministère porte une politique d’orientation plus sociale.

Annoncée jeudi 8 février au soir, la nomination du député Renaissance d’Eure-et-Loir « est un signal clairement négatif, qui fait craindre une rupture en faveur d’une politique encore plus hostile aux plus pauvres », selon le directeur des études de la Fondation Abbé Pierre, Manuel Domergue. « Ce choix relève soit de l’inconscience, soit du mépris le plus complet », commente de son côté le président de la Fédération des acteurs de la solidarité, Pascal Brice. « On est très inquiets », abonde Marylise Fleuret-Pagnoux, présidente de l’Office public de l’habitat de La Rochelle et vice-présidente (divers gauche) de l’agglomération, qui appréciait la bonne connaissance du secteur du ministre sortant, Patrice Vergriete, et son projet de décentraliser les politiques du logement.

Diplômé de l’Essec, Guillaume Kasbarian a été consultant dans des cabinets de conseil. Ce libéral convaincu, âgé de 36 ans, s’est engagé en politique en 2016, pour soutenir Emmanuel Macron. Elu député l’année suivante, il a été réélu en 2022 et a obtenu la présidence de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Quelques mois plus tard, il s’est fait connaître par sa proposition de loi, cosignée avec Aurore Bergé, contre l’occupation illicite des logements, surnommée loi « antisquat ».

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Point de bascule

Censé protéger les petits propriétaires, ce texte a été jugé si régressif que les sénateurs ont supprimé son point le plus contesté : la création d’une peine de six mois de prison pour les locataires en impayés de loyer qui ne partaient pas d’eux-mêmes après un jugement d’expulsion. Malgré de nouvelles alertes de la Défenseure des droits, de la Commission nationale consultative des droits de l’homme et des rapporteurs spéciaux de l’Organisation des Nations unies, la proposition de loi a été définitivement adoptée en juin 2023. Elle a constitué un point de bascule en matière de politique du logement, ouvrant la voie à une ligne plus marquée à droite. Un sillon que le nouveau premier ministre souhaite continuer à creuser.

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Gabriel Attal, lors de son discours de politique générale devant le Parlement, a en effet annoncé un assouplissement sans précédent de l’emblématique loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU), qui oblige les communes en zone urbaine à se doter d’au moins 20 à 25 % de logements sociaux, afin de favoriser la mixité.

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