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Le chef des Nations unies a appelé, dimanche 28 janvier, les pays donateurs à garantir la poursuite des activités menées en faveur des civils à Gaza par l’Agence pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), fragilisée par l’implication suspectée d’employés dans l’attaque du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023. La France a annoncé qu’elle ne prévoyait pas « de nouveau versement » jusqu’en juillet.

Sur le terrain, dans la bande de Gaza, l’armée israélienne a décrit des « combats intenses » à Khan Younès, la grande ville du sud du territoire palestinien, désormais épicentre de la guerre, précisant avoir tué « des terroristes et saisi d’importantes quantités d’armes ». Au moins vingt-quatre personnes ont été tuées dans la journée dans cette grande ville du Sud, pilonnée sans relâche par l’aviation israélienne, selon le ministère de la santé de la bande de Gaza, administrée par le Hamas.

A New York, Antonio Guterres a appelé les pays donateurs ayant suspendu leur financement à l’UNRWA à « au moins garantir » la poursuite de ses opérations dans le territoire assiégé, où l’aide humanitaire entre au compte-gouttes. « Deux millions de civils à Gaza dépendent de l’aide cruciale [de l’agence onusienne] pour leur survie au quotidien, mais le financement actuel de l’UNRWA ne lui permettra pas de répondre à tous les besoins en février », a-t-il insisté.

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L’ONU appelle à garantir les activités de l’UNRWA à Gaza, où les combats se poursuivent

Les « accusations extrêmement graves » contre les employés de l’UNRWA font l’objet d’une enquête interne, a rappelé M. Guterres. Neuf ont été licenciés, un est « confirmé mort », et les identités de deux autres sont « en train d’être clarifiées », a-t-il précisé. « Les présumés actes abjects de ces employés doivent avoir des conséquences », mais ne devraient pas pénaliser « les dizaines de milliers d’hommes et de femmes qui travaillent » pour l’agence, a-t-il souligné. L’ambassadeur israélien à l’ONU, Gilad Erdan, l’a accusé d’avoir choisi d’ignorer « les preuves » de l’implication de l’UNRWA dans « l’incitation et le terrorisme ».

« Si l’aide [de l’UNRWA] est suspendue, il y aura une famine. Ce sont eux qui nous donnent de la farine, de la nourriture et à boire », a déclaré, à l’Agence France-Presse (AFP), Bassam Al-Masri, un habitant du nord de la bande de Gaza, réfugié à Rafah, à l’extrême sud du territoire. Plus de 1,3 million de Gazaouis déplacés, selon l’ONU, y sont massés contre la frontière fermée avec l’Egypte pour fuir les combats plus au nord, qui se concentrent autour de Khan Younes.

Dans cette ville, considérée par Israël comme une place forte du Hamas, les affrontements ont notamment lieu autour des hôpitaux Nasser et Al-Amal. Environ 350 patients et 5 000 personnes déplacées se trouvaient samedi à l’hôpital Nasser, « à court de carburant, [de] nourriture et [de] fournitures », selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon le Croissant-Rouge palestinien, les opérations chirurgicales sont suspendues à l’hôpital Al-Amal, faute d’oxygène.

Discussions à Paris sur une trêve à Gaza

Dans l’espoir d’obtenir une trêve et la libération des otages toujours captifs à Gaza, William Burns, le directeur de la CIA, a rencontré à Paris de hauts responsables israélien et égyptien, ainsi que le premier ministre qatari, selon des sources proches des participants à ces réunions, à l’AFP. Le Qatar, l’Egypte et les Etats-Unis avaient déjà été à la manœuvre pour négocier la première trêve intervenue fin novembre, durant laquelle une centaine des quelque 250 personnes enlevées en Israël pendant l’attaque du 7 octobre 2023 avaient été libérées, en échange de prisonniers palestiniens.

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La réunion à Paris entre des hauts responsables américains, égyptiens, qataris et israéliens sur un cessez-le-feu à Gaza a été « constructive », a annoncé le bureau du premier ministre israélien, précisant qu’il demeurait « toujours des différends » entre les parties. Les chefs du Mossad (services de renseignement extérieurs) et Shin Bet (services de renseignement intérieurs) étaient présents pour Israël, selon le communiqué. Les protagonistes « continueront à discuter cette semaine dans d’autres réunions », a ajouté le texte.

Selon les autorités israéliennes, 104 otages sont toujours détenus dans la bande de Gaza, et 28 sont présumés morts. Le New York Times a évoqué, samedi, un projet d’accord qui impliquerait une trêve de deux mois et la libération de plus de cent otages.

Un point de passage fermé à Gaza après des manifestations

Des familles d’otages manifestent contre l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza, exigeant la libération immédiate des otages enlevés lors de l’attaque du 7 octobre 2023 par le groupe islamiste palestinien Hamas, à Kerem Shalom, en Israël, le 28 janvier 2024.

Dimanche matin, des Israéliens réclamant la libération des otages ont manifesté au point de passage de Kerem Shalom, près de Rafah, faisant faire demi-tour à des camions d’aide humanitaire vers le territoire palestinien. Selon eux, l’entrée de cette aide alimente la poursuite du conflit. La veille, plusieurs milliers de personnes à travers le pays avaient manifesté pour demander le retour des otages et la démission du gouvernement en vue de nouvelles élections.

« Environ 200 manifestants » se sont réunis aux alentours du point de passage de Kerem Shalom, selon le Cogat, organe du ministère de la défense israélien qui coordonne les activités civiles de l’armée dans les territoires palestiniens occupés. « De l’humanitaire pour l’humanitaire », scandaient les manifestants, qui souhaitent que l’aide ne parvienne pas à Gaza tant que les otages ne sont pas libérés. Certains manifestants ont des proches encore retenus en otage, d’après le témoignage de l’un d’entre eux à l’AFP.

Seuls deux postes-frontières permettent l’acheminement d’aide dans la bande de Gaza, celui de Rafah, à la frontière avec l’Egypte, et celui de Kerem Shalom, dans le sud d’Israël.

Lire le décryptage : Article réservé à nos abonnés Cent jours de guerre à Gaza : un bilan effroyable et pas de perspective de sortie de crise

Le Monde avec AFP

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