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Des témoins ont fait état de bombardements nocturnes près de l’hôpital Nasser, à Khan Younès, où se cachent, selon Israël, des responsables du Hamas, dans la nuit de mardi 16 à mercredi 17 janvier. Evoquant « la plus difficile et la plus intense nuit » de bombardements israéliens à Khan Younès (centre) depuis le début de la guerre, le Hamas a annoncé la mort d’au moins 81 Palestiniens dans la ville et ailleurs dans la bande de Gaza, où selon l’Organisation des Nations unies il existe un « risque de famine » et d’« épidémies mortelles ».

La guerre, qui a dévasté l’enclave palestinienne et déplacé 80 % de la population civile, a été déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas, le 7 octobre, dans le sud d’Israël qui a fait 1 140 morts, en majorité des civils, tués ce jour-là, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de chiffres officiels.

Quelque 250 personnes ont été prises en otages et emmenées à Gaza durant l’attaque, dont une centaine ont été libérées à la faveur d’une trêve à la fin de novembre. Selon Israël, 132 restent détenues, dont 27 seraient mortes. Côté palestinien, le ministère de la santé du Hamas déplore 24 448 morts à Gaza.

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Le Hamas fixe de nouvelles conditions pour l’acheminement de médicaments aux otages

« Les camions de produits pharmaceutiques entreront sans inspection israélienne », a déclaré Moussa Abou Marzouk, un responsable du Hamas, mercredi 17 janvier sur X. Le Cogat, organe du ministère de la défense israélien qui coordonne les « activités civiles » de l’armée dans les territoires occupés, a rejeté toute éventualité de laisser entrer les convois sans ce contrôle, auprès de l’Agence France-Presse (AFP). Pour rappel, tous les convois d’aide humanitaire ont fait l’objet d’une telle inspection depuis le début de la guerre.

La veille, le Qatar avait annoncé un accord « portant sur l’entrée de médicaments (…) pour les otages en échange d’une cargaison d’aide humanitaire pour les civils dans la bande de Gaza ». Dans son tweet, Moussa Abou Marzouk fixe d’autres conditions du Hamas : « pour chaque boîte de médicaments » qui ira aux 45 otages, « mille boîtes iront aux habitants de Gaza » ; « les médicaments seront fournis via un pays en lequel nous avons confiance, le Qatar, et non la France comme Israël le demandait ». Une fois entrés dans la bande de Gaza, les médicaments, qu’ils soient destinés à la population ou aux otages, seront « acheminés dans quatre hôpitaux différents de la bande » de Gaza. Enfin, le Hamas réclame « davantage d’aide et de médicaments ».

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Washington désigne à nouveau les houthistes comme entité « terroriste »

En optant pour qualifier l’entité des rebelles yéménites de « spécialement désignée comme terroriste au niveau mondial », les Etats-Unis entendent maintenir le flot d’aide humanitaire au Yémen, qui en dépend très largement, a expliqué à l’AFP un responsable américain sous couvert d’anonymat. Cette annonce survient alors que l’armée américaine a lancé une série de frappes ces derniers jours contre les houthistes, qui prennent pour cible des navires au large du Yémen, en solidarité, selon eux, avec les Palestiniens de Gaza.

Toutefois, cette sanction, destinée à faire « pression » sur le groupe rebelle tout en préservant l’acheminement d’aide humanitaire, cruciale au Yémen, ne prendra effet que dans trente jours, selon un communiqué du secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken. « Cette désignation vise à faire en sorte que le groupe rende des comptes pour ses activités terroristes », affirme M. Blinken, en assurant que « si les houthistes cessent leurs attaques en mer Rouge et dans le golfe d’Aden, les Etats-Unis réévalueront cette désignation ».

Les Etats-Unis avaient retiré les houthistes de leur liste d’« organisations terroristes » en février 2021. Ils avaient jugé à l’époque que cette désignation compliquait la réponse à une très grave crise humanitaire au Yémen, pays en guerre dont le groupe rebelle contrôle une bonne partie du territoire.

Lire les explications : Article réservé à nos abonnés Qu’est-ce que l’« axe de la résistance » promu par l’Iran face à Israël et aux Etats-Unis ?

Dix Cisjordaniens tués par l’armée israélienne

A la suite d’opérations militaires israéliennes en Cisjordanie occupée dans deux camps de réfugiés, dix Palestiniens sont morts : cinq dans celui de Tulkarem (Nord-Ouest), selon le ministère de la santé palestinien, et cinq dans le camp de Balata, à Naplouse (centre), a déclaré la branche armée du Fatah, parti du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

A Tulkarem, l’armée israélienne a confirmé avoir mené une frappe « lors d’opérations antiterroristes », a assuré avoir inspecté des bâtiments, interrogé « des dizaines de suspects » et procédé à des arrestations. « Un certain nombre de terroristes ont été tués » et un soldat israélien a été grièvement blessé, a-t-elle ajouté. Dans le camp de Balata, Israël avait annoncé dans la matinée avoir éliminé « une cellule terroriste », par une frappe aérienne sur une voiture, qui a tué Ahmed Abdullah Abou Shalal, décrit comme le chef de la cellule, qui prévoyait une attaque « imminente et de grande ampleur ». Les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, la branche militaire du Fatah, ont confirmé sa mort. Selon un bilan établi par l’AFP sur la base de données de l’Autorité palestinienne, 365 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie depuis le 7 octobre.

« Accuser l’Etat juif de génocide, c’est franchir un seuil moral », dénonce Stéphane Séjourné

La France s’est refusée à soutenir les accusations de génocide contre le peuple palestinien dans la bande de Gaza, portées par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice (CIJ). « Accuser l’Etat juif de génocide, c’est franchir un seuil moral. On ne peut exploiter la notion de génocide à des fins politiques », a déclaré le ministre des affaires étrangères français, Stéphane Séjourné, au cours des questions au gouvernement de l’Assemblée nationale.

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Une audience se déroule depuis le 11 janvier devant la plus haute juridiction des Nations unies, dont le siège est à La Haye, que Pretoria a saisie le mois dernier, arguant qu’Israël violait la convention des Nations unies sur le génocide, adoptée en 1948 à la suite de la Shoah. L’Afrique du Sud souhaite que les juges enjoignent à Israël d’arrêter « immédiatement » la campagne militaire déclenchée dans la bande de Gaza après l’attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien, le 7 octobre.

Lire le récit | Article réservé à nos abonnés Devant la CIJ, Israël se défend de toute « intention génocidaire » contre les Gazaouis

Les journalistes de l’AFP ont manifesté en soutien à leurs collègues présents à Gaza

« La rédaction de l’AFP tenait à exprimer son soutien total à ses collègues de Gaza, qui travaillent dans des conditions terribles et sous la menace permanente des bombes », a déclaré le directeur de l’Information de l’AFP, Phil Chetwynd, cité dans un communiqué de l’agence de presse. Israël doit en outre « les autoriser si besoin à quitter le territoire pour se mettre à l’abri ». Les journalistes et salariés du siège parisien et de nombreux bureaux du réseau mondial de l’AFP ont symboliquement brandi les portraits de leurs collègues gazaouis.

Au début de novembre, une frappe de l’armée israélienne avait gravement endommagé le bureau de l’AFP à Gaza. Le 8 janvier, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU s’était dit « très préoccupé » par le « bilan élevé » de journalistes palestiniens tués dans la bande de Gaza. Selon l’ONG Reporters sans frontières, « au moins 81 journalistes ont été tués dans la bande de Gaza par des frappes israéliennes » depuis le 7 octobre, dont 18 dans l’exercice de leurs fonctions. Le 9 janvier, la Cour suprême israélienne a rejeté une demande des médias internationaux d’accéder librement à la bande de Gaza.

Lire la tribune : Il faut ouvrir l’accès à Gaza et protéger les journalistes

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