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Histoires Web mercredi, février 21
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La faim et la famine se sont trop souvent invitées dans la longue tragédie palestinienne. En 1987, le blocus imposé par les milices prosyriennes aux camps palestiniens du sud de Beyrouth fut si sévère que la population assiégée obtint une fatwa l’autorisant à manger des chiens et des chats. De 2013 à 2015, le siège imposé par le régime Assad au camp palestinien de Yarmouk, dans la banlieue de Damas, a causé la mort de centaines de personnes, soit directement de la faim, soit tuées en cherchant de la nourriture.

De même que la catastrophe en cours à Gaza a déjà dépassé en ampleur toutes les souffrances que le peuple palestinien a endurées par le passé, la faim menace désormais à Gaza, non plus quelques milliers de personnes comme lors des sièges de Beyrouth ou de Damas, mais des centaines de milliers.

En effet, il y a déjà un mois, jour pour jour, que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a affirmé que « 93 % de la population de Gaza a atteint des niveaux critiques de faim ». Et l’implacable poursuite des hostilités israéliennes n’a fait, depuis, qu’aggraver cette situation pourtant sans précédent.

Lire aussi : L’OMS s’alarme du nombre de patients affamés dans les hôpitaux à Gaza

Une enclave affamée

Dès le 9 octobre 2023, deux jours après les attaques terroristes du Hamas en Israël, Yoav Gallant, le ministre de la défense israélien, annonce la suspension de la délivrance de nourriture, ainsi que d’électricité et de carburant, à la bande de Gaza. D’autres membres du gouvernement Nétanyahou émettent des déclarations comparables, qui se traduisent, sur le terrain, par une inexorable dégradation de la situation alimentaire des 2,3 millions d’habitants de l’enclave assiégée – du fait des seize années de blocus israélien, 80 % de la population dépendaient déjà, avant le conflit en cours, de l’assistance humanitaire pour se nourrir, alors que seuls 2 % avaient accès à l’eau potable.

Ce n’est que le 15 novembre 2023 qu’Israël autorise l’entrée à Gaza par l’Egypte de 23 000 litres de carburant, à comparer aux 160 000 litres nécessaires quotidiennement pour assurer les services de base. Le même jour, un bombardement israélien détruit la dernière minoterie encore opérationnelle dans l’enclave, où il est désormais impossible de produire localement de la farine. Les réserves sur lesquelles les civils ont pu subsister durant les premières semaines du siège se sont rapidement épuisées, au fil des déplacements successifs de 85 % de la population, chassée des habitations par les bombardements israéliens, et parfois contrainte de chercher un nouveau refuge une ou plusieurs fois.

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