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Alors que l’Ukraine va entrer dans sa troisième année de guerre avec la Russie, l’aide occidentale tente de s’inscrire dans la durée. La France a annoncé, jeudi 18 janvier, le lancement d’une coalition chargée d’organiser et de pérenniser le soutien des alliés de Kiev en matière d’artillerie. Les « feux », comme les appellent les militaires, sont aujourd’hui un vecteur essentiel pour tenir la ligne de front, figée depuis l’échec de la contre-offensive ukrainienne lancée au début de l’été 2023.

Cette nouvelle coalition, qui sera pilotée par la France et les Etats-Unis, « vise à fédérer les efforts des nations participantes pour aider l’Ukraine à disposer, à court et à long terme, d’une force d’artillerie adaptée aux besoins de la contre-offensive et de son armée de demain », indique-t-on à Paris. Le ministre des armées, Sébastien Lecornu, devait officiellement inaugurer la première réunion de cette instance, jeudi, à Paris, en présence de représentants de vingt-trois pays. Son homologue ukrainien, Rustem Umerov, qui devait être présent, a finalement annulé sa venue « pour des raisons de sécurité » et ne devait y participer que par visioconférence.

Ce nouveau groupe de travail fait partie des « coalitions de capacité » décidées en octobre 2023 par le groupe de contact pour la défense de l’Ukraine, aussi appelé groupe de Ramstein, qui coordonne les contributions de la cinquantaine de pays alliés de Kiev. Plusieurs de ces coalitions ont été lancées ces dernières semaines : le Royaume-Uni et la Norvège pilotent la coalition consacrée à l’armement maritime, l’Estonie et le Luxembourg celle sur les technologies de l’information, les Etats-Unis et les Pays-Bas celle sur les forces aériennes…

Mettre un peu d’ordre dans l’aide militaire

Paris a également obtenu de mener, au côté de l’Allemagne, la coalition sur la défense antiaérienne, dont les premières réunions de travail ont eu lieu en décembre, à Berlin. Un moyen pour la France d’afficher son soutien à l’Ukraine, mais aussi de tenir son rang face à ses partenaires, alors qu’elle est régulièrement critiquée pour la supposée faiblesse de son soutien militaire. « La France voulait être présente sur des segments critiques pour les Ukrainiens », confirme une source militaire française.

Même si aucune capitale ne l’exprime ainsi, ces coordinations ont été aussi créées pour mettre un peu d’ordre dans l’aide militaire apportée à Kiev. En quête permanente de nouveaux matériels pour alimenter leurs troupes, les Ukrainiens ont accepté toutes les cessions proposées par leurs alliés, et se retrouvent aujourd’hui à la tête d’un parc très hétéroclite, difficile à entretenir et à alimenter en munitions. « L’idée est de pousser l’Ukraine à rationaliser son outil de défense, avec des matériels aux standards de l’OTAN et interopérables avec nos armées », explique un haut gradé français.

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