Au cinquième jour du conflit au Moyen-Orient qui fait craindre des problèmes d’approvisionnement en pétrole, le gouvernement français tente de rassurer. Le prix de l’essence « augmente de quelques centimes actuellement », a annoncé mercredi 4 mars le ministre de l’économie, Roland Lescure, sur Franceinfo. Il s’agit selon lui d’une hausse « normale compte tenu de la hausse du prix du pétrole ». « Aujourd’hui, dans plus de 97 % du territoire, il n’y a aucun problème, c’est-à-dire qu’on est dans une situation normale où on a de l’essence partout », a-t-il ajouté, appelant à « garder son sang-froid ».
La ministre déléguée à l’énergie et porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a, elle, déclaré qu’« à court terme, on peut s’attendre à une hausse de quelques centimes, contenue et limitée », en précisant qu’il s’agissait d’une moyenne et qu’il y aura des « différences d’une station-service à une autre », sur BFM-TV/RMC.
« Pour la suite, cela dépendra de l’intensité du conflit », a-t-elle dit, assurant qu’il n’y a « aucun risque de rupture d’approvisionnement » en carburants en raison de « stocks » et d’importations diversifiées.
Les distributeurs reçus à Bercy
Roland Lescure a affirmé que des contrôles de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) auraient lieu pour s’assurer que les hausses des prix des carburants soient « raisonnables » par rapport à la « hausse du prix du baril » de pétrole, « qui, elle aussi, est aujourd’hui relativement raisonnable ». « Ces contrôles sont menés au quotidien et sont effectués à distance grâce aux remontées journalières », a ajouté par la suite Bercy.
Le ministère de l’économie va d’ailleurs recevoir, jeudi, les distributeurs de carburant pour « échanger avec eux sur la situation et s’assurer » qu’ils ne pratiqueront pas de hausses exagérées des prix. Les distributeurs invités, dont le nom n’a pas été précisé, seront reçus par Roland Lescure, Maud Bregeon, et le ministre du commerce, Serge Papin.
Dimanche soir, Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc qui sont leaders français de la grande distribution, avait estimé qu’une « nette hausse des marchés » d’hydrocarbures était « à prévoir ».
« Pour rappel, sous l’effet du conflit en Ukraine et des sanctions européennes contre la Russie, les prix avaient atteint des records en mars [2022], 2,248 euros par litre en moyenne » dans les stations-service portant l’enseigne Leclerc, avait-il déclaré sur X. « Bien que les achats de Leclerc portent sur des produits finis et non sur du brut, la spéculation peut démarrer vite », estimait-il encore.
« Grande imprévisibilité »
Evoquant la « grande imprévisibilité [concernant] l’étendue du conflit dans le temps et dans l’espace », Mme Bregeon a estimé mercredi qu’il était « beaucoup trop tôt pour en tirer des conclusions définitives ».
Le Monde Guides d’achat
Gourdes réutilisables
Les meilleures gourdes pour remplacer les bouteilles jetables
Lire
Newsletter
« A la une »
Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »
S’inscrire
Newsletter
« La revue du Monde »
Chaque week-end, la rédaction sélectionne les articles de la semaine qu’il ne fallait pas manquer
S’inscrire
Le Monde Jeux
Chaque jour de nouvelles grilles de mots croisés, Sudoku et mots trouvés.
Jouer
Newsletter abonnés
« La lettre éco »
Le regard du « Monde » sur l’actualité économique du jour
S’inscrire
Newsletter abonnés
« La lettre des idées »
Votre rendez-vous avec la vie intellectuelle
S’inscrire
Newsletter abonnés
« La lettre éco »
Le regard du « Monde » sur l’actualité économique du jour
S’inscrire
Interrogée sur l’éventualité de mesures à prendre pour compenser une hausse marquée, elle a répondu qu’il était « beaucoup trop tôt pour parler de cela » et que la priorité était de travailler à la réouverture du détroit d’Ormuz, porte d’accès au Golfe, par lequel transite quotidiennement une partie significative du gaz et du pétrole mondial.
Mme Bregeon a notamment jugé « précipitée » la proposition formulée par la cheffe des députés Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, de baisser les taxes sur les carburants pour compenser les hausses.
Le RN réclame depuis plusieurs années une baisse de la TVA de 20 % à 5,5 % sur les carburants, le fioul et le gaz. Le parti appelle aussi à baisser l’accise sur les produits pétroliers (ex-TICPE), car « il ne serait pas tenable que l’Etat s’enrichisse sur le dos des Français en profitant de la crise internationale », a dit le président du RN, Jordan Bardella, lundi sur X.
« Face aux risques d’envolée des prix de l’énergie engendrée par la situation au Moyen-Orient, l’Etat français et l’Union européenne doivent anticiper dès maintenant les conséquences pour le quotidien des Français », a-t-il estimé.
Maud Bregeon a jugé « inconcevable » de baisser TVA et TICPE, ce qui constituerait un trou de près de 20 milliards d’euros dans le budget de l’Etat. « Il est probable que le prix de l’essence augmente de quelques centimes et la réponse du RN, c’est une dépense d’Etat de 20 milliards d’euros. Chacun voit bien que c’est complètement incohérent », a-t-elle encore déclaré.



