L’armée israélienne a lancé, vendredi 6 mars, une série de frappes « à grande échelle » sur Téhéran, disant viser les infrastructures du pouvoir, dans le cadre de ce qu’elle présente comme une nouvelle phase de son conflit contre l’Iran. Plusieurs médias de la République islamique, dont la télévision d’Etat IRIB, ont fait état tôt, vendredi, de séries d’explosions dans différents quartiers de la capitale, notamment à l’est et à l’ouest.
L’armée israélienne a déclaré viser « l’infrastructure du régime » dans le cadre d’une vague de frappes « à grande échelle ». Elle a aussi mené de nouveaux bombardements, tôt vendredi, sur la banlieue sud de Beyrouth, selon l’agence d’Etat libanaise.
Les sirènes d’alerte ont également retenti, jeudi, dans plusieurs pays à travers la région.
Alors que la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis contre la République islamique d’Iran le 28 février embrase le Moyen-Orient et inquiète les acteurs économiques mondiaux, la durée du conflit demeure incertaine. « Nous ne sommes qu’au début des combats », a affirmé, jeudi soir, devant la presse, le ministre de la défense américain, Pete Hegseth, assurant que Washington disposait d’assez de munitions pour « mener cette campagne aussi longtemps qu’il le faudra ».
Le chef d’état-major israélien, Eyal Zamir, a déclaré, jeudi soir, que la guerre entrait dans une nouvelle phase. « Après avoir mené à bien [celle] d’attaque surprise, au cours de laquelle nous avons établi notre supériorité aérienne et neutralisé le réseau de missiles balistiques, nous passons maintenant à la [suite] de l’opération », a-t-il annoncé dans une déclaration télévisée. Il a rappelé qu’Israël poursuivrait l’objectif d’un « démantèlement du régime » iranien et de ses capacités militaires au cours de cette nouvelle phase.
Trump veut être impliqué dans le choix du successeur d’Ali Khamenei
A Washington, Donald Trump a exigé « d’être impliqué » dans le choix du successeur d’Ali Khamenei, le Guide suprême iranien tué dans une frappe aux premières heures de la guerre, écartant l’idée que le fils de celui-ci puisse être choisi. Le président américain a également estimé, auprès de la chaîne NBC News, que le déploiement au sol de soldats est une option superflue : « C’est une perte de temps. [Les Iraniens] ont tout perdu. Ils ont perdu leur marine. Ils ont perdu tout ce qu’ils pouvaient perdre. »
Mais le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi, a exprimé la détermination de Téhéran dans cette guerre et a affirmé à la chaîne américaine NBC News ne chercher ni « cessez-le-feu » ni « négociations ».
Au septième jour de la guerre, l’Iran conserve des capacités offensives. L’Arabie saoudite et le Qatar ont tous deux annoncé, tôt vendredi, avoir contré des attaques de drones et de missiles visant des bases aériennes, tandis qu’à Bahreïn un hôtel et des immeubles ont été touchés.
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Les gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ont, eux, annoncé, vendredi, une nouvelle salve de missiles en direction de Tel-Aviv, où des explosions avaient déjà été entendues jeudi soir, sans qu’il soit fait état de victimes.
Menace d’une intervention terrestre au Liban
Le Hezbollah pro-iranien, contre qui Israël mène une vaste offensive au Liban, a lui aussi déclaré avoir tiré des roquettes et de l’artillerie vers l’Etat hébreu. « Nous frappons avec force, en première ligne et plus en profondeur [au pays du Cèdre]. J’ai ordonné aux forces [israéliennes] d’avancer et d’étendre la zone de contrôle le long de la frontière, tout en établissant des positions à des points-clés dans le sud du Liban », a répliqué le chef d’état-major israélien, Eyal Zamir.
L’agence de presse libanaise officielle ANI a fait état de frappes israéliennes nocturnes sur six localités du sud du Liban, sans évoquer de victimes à ce stade. Une autre frappe a ciblé, tôt vendredi, le village de Dours, en périphérie de Baalbek, à l’est, selon la même source.
Jeudi, la panique s’était emparée de Beyrouth, après un appel inédit d’Israël à évacuer la banlieue sud de la capitale, un bastion du Hezbollah où des embouteillages monstres se sont immédiatement formés. Dans la soirée, le secteur a été touché par des frappes, dont une « très violente » selon l’agence officielle ANI, l’armée israélienne ayant annoncé avoir commencé à cibler « des infrastructures du Hezbollah ».
La France « ne va pas s’engager dans cette guerre », assure Macron
« Tout doit être fait » pour empêcher que le Liban « soit à nouveau entraîné dans la guerre », a exhorté le président français, Emmanuel Macron, répondant à un appel en ce sens de son homologue libanais Joseph Aoun. « La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous, on n’est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre », a par ailleurs déclaré Emmanuel Macron, jeudi sur Instagram, en réponse à une jeune internaute qui s’inquiétait des répercussions de l’offensive israélo-américaine en Iran. Le ministère libanais de la santé a déclaré, jeudi soir, qu’au moins 123 personnes ont été tuées et 683 blessées depuis lundi.
En Iran, l’agence IRNA évoque un bilan de 1 230 morts depuis samedi, des chiffres que l’Agence France-Presse n’est pas en mesure de vérifier. Sur le front naval, les Etats-Unis ont affirmé avoir coulé trente navires iraniens depuis le début de la guerre. Mais le détroit d’Ormuz, commandant le golfe Persique et par où transite en temps normal 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, reste de facto impraticable.
Concernant un autre axe stratégique, la mer Rouge, les houthistes au Yémen, alliés de Téhéran, ont assuré avoir « le doigt sur la gâchette » et être « prêts à répondre à tout moment ».



