
En cette période où se font entendre des appels au boycott d’artistes en raison de leur seule nationalité, La Seine musicale, le complexe planté sur l’île Séguin de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), rappelle dans son hall qu’il « accueille tous les musiciens du monde ». Ainsi de la soirée du mardi 17 mars. Dans l’auditorium, Yaron Herman, pianiste de jazz israélien. Egalement parisien, il est chez lui et nul reproche d’aucune sorte ne lui a été fait.
On ne peut en dire autant de Goran Bregovic, programmé au même moment dans la Grande Seine, configurée avec une fosse debout (plus de 6 000 places) comme c’est le cas pour les concerts de rock.
Depuis 2023, le musicien bosnien, d’abord associé aux films du réalisateur franco-serbe Emir Kusturica, est interdit de séjour en Moldavie, décision qu’a imitée une autre ancienne république de l’URSS, la Lettonie, en avril 2025. La raison invoquée est un concert donné en mars 2015 à Sébastopol, dans cette Crimée ukrainienne annexée par la Russie un an plus tôt. Et aussi ses déclarations faites sur place dans une conférence de presse : Bregovic avait reproché à l’Occident sa « paranoïa » vis-à-vis de Moscou, en ajoutant que « dans les Balkans, [ils ont] toujours ressenti la grandeur qui vient de l’Est, de la Russie ».
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