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La pression militaire, encore, pour en faire rabattre au Hamas. Alors que la guerre à Gaza entre dans son cinquième mois, Benyamin Nétanyahou a refusé, mercredi 7 février, les termes d’un cessez-le-feu énoncés par le mouvement islamiste, qui avait posé, la veille, ses conditions à une proposition d’accord-cadre avancée par Israël. Le premier ministre l’assure : « Une pression militaire continue est une condition nécessaire à la libération des otages. Céder aux exigences délirantes du Hamas, que nous venons d’entendre, non seulement n’entraînera pas la libération des otages, mais invitera à un nouveau massacre, à un terrible désastre pour l’Etat d’Israël, que pas un seul de nos citoyens n’est prêt à accepter », après l’attaque menée par le mouvement islamiste, le 7 octobre 2023, qui a fait 1 200 morts civils et militaires.

Au contraire, M. Nétanyahou ne promet rien de moins qu’une « victoire totale », qu’il considère à la portée de l’armée dans quelques « mois ». Celle-ci estime avoir durablement affaibli le Hamas, en démantelant dix-huit de ses vingt-quatre bataillons. Mais les principaux chefs du mouvement lui échappent, et la capacité du Hamas à influer sur l’après-guerre demeure immense – grâce à ce qu’il reste de son appareil de sécurité et à son aura politique, parmi les Palestiniens, qui contraint toutes les factions à compter avec lui. M. Nétanyahou entend donc l’user plus encore, et repousse au passage toute discussion sur l’avenir politique de Gaza et des territoires palestiniens.

Sa position suscite l’effroi de familles des cent trente-six otages détenus à Gaza, animées par un sentiment d’urgence absolue, alors que trente et une d’entre elles ont déjà été informées de la mort de leurs proches – sans que l’on sache s’ils ont été victimes de l’attaques du 7 octobre, de mauvais traitements du Hamas ou bien de bombardements et de raids de l’armée israélienne.

Mercredi soir, cinq femmes libérées durant la première trêve, en novembre 2023, ont rappelé que la vie des autres est dans la balance. « J’ai très peur et je suis très inquiète, car si vous continuez sur cette voie pour renverser le Hamas, il n’y aura plus d’otages à libérer », déclarait l’une d’elles, Adina Moshe, en s’adressant au premier ministre.

De simples « pauses humanitaires »

En dépit de leur appel, M. Nétanyahou menace d’étendre l’opération terrestre à Rafah, dans le sud de l’enclave, où plus de un million de Palestiniens se pressent, tout contre la frontière égyptienne, où l’armée israélienne bombarde déjà intensément. Sans coordination étroite avec l’armée égyptienne, cette entreprise colossale risquerait d’entraîner des échanges de tirs de part et d’autre de la frontière, et de pousser les Palestiniens à fuir en Egypte. Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, en visite, mercredi, à Jérusalem, a mis en garde M. Nétanyahou contre un tel projet.

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