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Si elle dirige l’équipe depuis mai 2023, la conclusion de la vente de la section féminine de l’Olympique lyonnais (OL) à Michele Kang a été officialisée jeudi 8 février. L’occasion pour la femme d’affaires américaine de réaffirmer, dans un entretien au Monde, ses ambitions pour les octuples championnes d’Europe, en termes d’affluence, de construction de stade et d’investissement.

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Il s’agit de votre première saison pleine aux commandes de l’OL féminin. Le club est habitué à tout gagner. Est-ce une pression ?

C’est une bonne pression et, pour moi, l’OL est à la croisée des chemins. Le palmarès du club est incroyable, le club a autant gagné parce qu’il a eu de grandes équipes, de grandes joueuses et de grands entraîneurs. Mais aussi parce que les autres équipes étaient relativement faibles. A part un ou deux, les clubs n’investissaient pas dans le football féminin.

Les choses bougent : d’autres équipes investissent, non seulement en France mais au niveau mondial, et les investissements sont considérables. Si nous nous reposons sur nos lauriers, nous ne gagnerons plus. Nous devons continuer à investir. Il faut garder cette mentalité d’outsider, sinon le reste du monde va nous dépasser.

Le niveau de la Division 1 et la domination lyonnaise ne sont-ils pas un frein à l’intérêt des gens ?

Lorsque je suis venue pour la première fois à un match, j’ai rencontré quelques fans. Puis j’ai rencontré des Lyonnais qui, même s’ils se disent fiers des succès de l’équipe féminine, m’ont dit ne jamais venir aux matchs. « A quoi bon puisque l’OL va gagner quoi qu’il arrive. » Gagner ne devrait pas nous pénaliser !

Le football au féminin, dans son ensemble, doit travailler sur cette attractivité. Il n’est pas en compétition avec le football masculin. Chaque semaine, un individu ne dispose que d’un temps limité à consacrer à ses loisirs, donc nous sommes en concurrence avec un dîner entre amis, un cinéma ou un concert. « Pourquoi devrais-je venir assister à onze matchs par saison ? » A nous de répondre à cette question, et de convaincre les gens qu’ils vont vivre 90 minutes excitantes.

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Comment vous y prenez-vous pour tenter de faire grandir l’affluence ?

L’OL féminin est en quelque sorte comme un secret bien gardé. Les gens savent que nous sommes fortes, mais ils ne savent pas à quel point. Et bien sûr, l’affluence aux matchs n’est pas aussi élevée que nous le voudrions.

On a commandé une étude interrogeant près de 6 000 Lyonnais : des fans de l’équipe masculine, des fans de l’équipe féminine et de simples citoyens. Nous avons reçu 4 500 réponses en moins de 48 heures, ce qui n’arrive jamais dans une enquête de consommateurs. Il y a donc une demande, mais nous n’avons pas tendu la main aux fans. 96 % des sondés disent qu’ils connaissent bien l’OL féminin et le supportent, mais quand vous leur demandez s’ils ont assisté à un match, seuls 13 % sont déjà venus.

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