Raffinerie de Lavéra, à Martigues (Bouches-du-Rhône), le 20 mars 2026.

Pas d’aide directe à la pompe mais des mesures de soutien indirectes : pour répondre à la flambée des prix des carburants, le gouvernement Lecornu a annoncé, lundi 23 mars, plusieurs dispositifs visant à soulager la trésorerie des entreprises de transports et de pêche ainsi que des exploitations agricoles.

Il a par ailleurs demandé aux raffineurs d’évaluer, « dans les meilleurs délais », la capacité de leurs sites en France « à augmenter rapidement et temporairement la production en produits raffinés », peut-on lire dans un courrier consulté par l’Agence France-Presse. L’objectif est d’« alléger la tension sur les marchés des produits raffinés en Europe et [de] réduire les tensions sur les marchés européens si cette situation venait à perdurer dans le temps », selon ce courrier.

Pour « renforcer » la capacité « à produire en France », le gouvernement a notamment « demandé et permis à la raffinerie de Gravenchon d’augmenter rapidement ses capacités », a fait savoir sur X le premier ministre, Sébastien Lecornu, en référence au site situé près du Havre, acheté récemment par l’énergéticien canadien North Atlantic. Il souligne que « la crise au Moyen-Orient et les tensions autour du détroit d’Ormuz font monter les prix de l’énergie partout dans le monde », affectant « des secteurs essentiels », tels que la pêche, le transport ou encore l’agriculture, grands consommateurs de carburants.

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Les marges de manœuvre des pétroliers établis en France semblent toutefois très limitées. « Avec l’outil technique que l’on a actuellement, (…) on peut aller au maximum jusqu’à 10 % d’augmentation de la capacité », a expliqué North Atlantic à l’AFP. Cette augmentation pourrait aller « jusqu’à 12 000 tonnes » de kérosène supplémentaires par mois et « jusqu’à 15 000 tonnes » de gazole supplémentaires par mois, « si toutes les conditions sont réunies », précise North Atlantic, à propos de ces ressources pour lesquelles la France est la plus dépendante des importations.

TotalEnergies déjà au maximum de ses capacités

Le pays importe notamment 50 % du gazole qu’il consomme. Une consommation qui s’est élevée en 2025 à 27 millions de tonnes, selon les derniers chiffres de l’Union française des industries pétrolières (UFIP).

Du côté de TotalEnergies, principal raffineur sur le sol français, cette demande n’entraînera « pas une augmentation de production », leur appareil de production étant « déjà au maximum » de sa capacité, a précisé un expert du secteur à l’AFP.

L’exécutif, astreint par ailleurs par la discipline budgétaire, n’envisage pas à ce stade de baisser les taxes sur les carburants. Il a en revanche annoncé des mesures d’aide à la trésorerie pour les secteurs de la pêche, de l’agriculture et des transports, touchés de plein fouet par la flambée des prix des carburants consécutive à la guerre.

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Les ministères concernés ont ainsi détaillé, dans des communiqués distincts, des mesures similaires : report de cotisations sociales et « étalement des échéances fiscales » pour les entreprises qui le demandent, ainsi que des prêts par BPIfrance, la banque publique d’investissement.

Les pêcheurs dénoncent des « mesurettes »

Côté pêcheurs, l’Association nationale des organisations de producteurs (ANOP) et l’Union des armateurs à la pêche de France (UAPF) ont immédiatement dénoncé « des mesurettes » et réclamé des actes « à la hauteur de la situation », dans un communiqué commun.

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« Malgré des engagements répétés, aucune mesure concrète n’est mise sur la table. Dans ces conditions, partir en mer revient à travailler à perte : nos navires vont s’arrêter », s’est alarmé de son côté le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM).

La Fédération nationale des transports routiers (FNTR) demandait par ailleurs à l’Etat qu’il publie un indice de référence du gazole tous les quinze jours au lieu de tous les mois, afin de refléter plus vite l’évolution des prix des carburants dans leurs propres factures. Un changement qui sera adopté « temporairement », a annoncé lundi le gouvernement, invitant par ailleurs les chargeurs « à réduire leurs délais de paiement pour soutenir davantage les transporteurs ».

Le ministère de l’agriculture a en outre dit rechercher « un accord de place avec les banques et les distributeurs, notamment pour étudier le soutien aux productions agricoles et appeler à la souplesse et à la flexibilité » dans le traitement des dossiers d’entreprises en difficulté.

Le Monde avec AFP

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