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Cette 60e édition du grand rendez-vous agricole aura été marquée dès son ouverture par la visite chahutée du chef de l’Etat, marquée par des huées et des heurts d’une rare intensité. En pleine crise du secteur, le Salon de l’agriculture 2024, qui clôt ses portes dimanche 3 mars au soir, a accueilli 603 652 visiteurs, ont annoncé ses organisateurs après huit jours d’ouverture au grand public.

La fréquentation est en légère baisse (− 2 %) par rapport à l’année dernière, où 615 204 visiteurs avaient été recensés. Le président du Salon, Jean-Luc Poulain, a évoqué une « édition compliquée, surtout en début de salon », mais aussi une fête populaire toujours plébiscitée par le public, « venu nombreux » à la rencontre des agriculteurs.

Il évalue à « environ 20 % » la baisse de fréquentation les deux premiers jours, mais assure que les chiffres des entrées ont été les jours suivants meilleurs que l’an dernier, avec plus de 100 000 visiteurs le deuxième samedi. Mais si, en début de semaine, certains exposants se plaignaient d’un manque à gagner, ces doléances « sont éteintes aujourd’hui » : « Je pense qu’ils ont eux aussi fait du rattrapage dans la semaine », a rapporté M. Poulain, céréalier dans l’Oise, qui présidait l’événement pour la dernière fois.

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La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), principal syndicat agricole, a de son côté regretté « un rendez-vous manqué » avec l’exécutif lors du Salon, faute de « stratégie » claire, et prévient que les « actions sur le terrain » vont se poursuivre. « On continuera à avoir des actions sur le terrain » après l’évènement, car « sur le plan politique les choses ne sont clairement pas terminées », a déclaré dimanche matin le président du syndicat, Arnaud Rousseau, sur BFM-TV.

Les braises de la colère encore « brûlantes »

Après les promesses du gouvernement, les exploitants attendent des « réalisations très concrètes » dans leur ferme, et même si la FNSEA n’appelle pas à une mobilisation nationale, « chaque département garde l’initiative de pouvoir faire un certain nombre d’actions », a-t-il expliqué. « Les braises sont brûlantes », « rien n’est fini », a souligné le responsable syndical, qui a déploré un début de Salon « plus que chaotique ».

« On considère qu’on a manqué un rendez-vous. On attendait du président de la République une stratégie et la définition d’un cap pour l’agriculture », a renchéri auprès de l’Agence France-Presse Jérome Despey, premier vice-président du syndicat. S’il salue l’engagement d’Emmanuel Macron à reconnaître l’agriculture « comme un intérêt général majeur de la nation », il regrette un message politique brouillé par « des joutes verbales et des maladresses » et un manque de considération pour les « corps intermédiaires ».

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Quand l’Elysée, à la veille du salon, annonce un grand débat pour lequel il est – brièvement – envisagé d’inviter le collectif écologiste des Soulèvements de la Terre, c’est pour le syndicat « la provocation » de trop – conduisant à l’annulation complète du débat la veille de la visite du chef de l’Etat, samedi 24 février.

Et si le syndicat dit avoir pris acte des nombreuses annonces du gouvernement, dont « beaucoup vont dans le bon sens », il attend des « éléments précis » sur la simplification et la compétitivité, avant la présentation attendue fin mars d’une grande loi d’orientation agricole. Mais certaines annonces « ne sont pas très claires », notamment en matière de simplification, a estimé M. Rousseau.

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M. Despey évoque, lui aussi, le besoin d’avancées sur la question des retraites, la déclinaison de la simplification pour les haies… Mais également un grand motif de satisfaction : « Les visiteurs sont venus nombreux nous apporter leur soutien. Je n’ai jamais vu une telle adhésion de nos concitoyens », saluant le rôle du Salon de l’agriculture comme trait d’union entre villes et campagnes.

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Terrain d’affrontement en vue des élections européennes

Interrogé sur la réflexion que veulent mener les organisateurs de l’événement sur l’accueil des politiques, le président du Salon a rappelé dimanche qu’il était « un salon privé » : « On vient sur invitation ou on achète son billet, mais ce n’est pas parce qu’on est un politique qu’on est en terrain conquis et qu’on doit tout exiger du Salon. »

Evoquant la visite perturbée d’Emmanuel Macron, qui a retardé l’ouverture de l’évènement au public – même si elle a pu finalement se dérouler et durer treize heures –, M. Poulain a tempéré, déclarant que « cela a créé du remous, mais si le président n’était pas venu ici, ça aurait [eu lieu lors de la visite] du premier ministre. Si le premier ministre n’était pas venu non plus, cela aurait été le ministre de l’agriculture ». Avant d’ajouter : « Moi je remercie le président (…). Là, on a purgé le passif en quatre à cinq heures, parce que tout s’est cristallisé sur lui. Et de toute façon, il fallait que cette colère sorte. »

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Outre la visite d’Emmanuel Macron, les ministres de la transition écologique et de l’agriculture, Christophe Béchu et Marc Fesneau, ont été la cible de jets d’œufs et de sifflets, vendredi 1er mars, les forçant à écourter leur visite.

Rendez-vous politique incontournable, le Salon de l’agriculture a également été un terrain d’affrontement politique entre le camp présidentiel et le Rassemblement national en vue des élections européennes de juin.

Le Monde avec AFP

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