Dans de nombreux pays, les mouvements populistes de droite ont aujourd’hui la cote. Et partout, ils déconsidèrent les politiques de protection de l’environnement : elles sont accusées de « rendre la vie des gens impossible » pour des bénéfices aussi lointains qu’incertains.

Ces mouvements populistes dénoncent notamment les citoyens aisés des centres-villes qui se baladent à vélo, mangent végan et vilipendent les vieilles voitures polluantes et le mode de vie ringard des banlieusards et des ruraux. En surfant ainsi sur le sentiment d’humiliation provoqué par ce mépris social, ces mouvements rejettent en bloc toutes les initiatives écologiques.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Ce que coûte la pollution de l’air en France : un double « fardeau » sanitaire et économique

Certes, il est vrai que les milieux populaires sont parfois les premiers à souffrir de ces initiatives. Les pouvoirs publics leur ont demandé à plusieurs reprises proportionnellement plus d’efforts qu’aux plus aisés qui pourtant polluent davantage. Ce n’est pas acceptable. Mais il faut avoir aussi conscience que les grands perdants de la détérioration des milieux naturels ne sont en réalité pas les plus favorisés, mais bel et bien les classes populaires et singulièrement les plus modestes.

La Seine-Saint-Denis à proximité de l’autoroute A1

La pollution de l’air est peut-être un des meilleurs exemples. Qui en souffre le plus ? Ceux qui ne peuvent pas quitter, pour des raisons financières, des logements proches d’installations polluantes. Les grandes villes comme Paris, Marseille ou Lyon sont plus polluées que les zones moins denses, mais ce fait dissimule de grandes inégalités au sein même des agglomérations. En Ile-de-France, par exemple, les quartiers où l’air est le plus pollué se trouvent majoritairement en Seine-Saint-Denis à proximité de l’autoroute A1.

Lire aussi le décryptage | Article réservé à nos abonnés Inégalités environnementales : décryptage d’une notion essentielle pour apprécier la « fracture écologique »

Cependant, des zones rurales sont aussi concernées. En moyenne, à l’échelle du pays, les populations vivant dans des territoires défavorisés (soit les 20 % les plus pauvres) respirent chaque année un air de mauvaise qualité pendant sept semaines de plus que leurs concitoyens qui vivent dans les zones les plus aisées (les 20 % les plus riches).

Il vous reste 53.13% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
Exit mobile version