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Le projet de loi sur l’installation de nouveaux agriculteurs, qui devait être présenté mercredi en conseil des ministre, va être reporté de « quelques semaines » pour être complété d’un volet « simplification », sur fond de manifestations, a déclaré dimanche 21 janvier, le ministre de l’agriculture, Marc Fesneau.

« Le projet de loi devait être présenté la semaine prochaine. Pour adjoindre quelques mesures réglementaires – il y a quand même des sujets juridiques qu’il faut qu’on pose – donnons-nous quelques semaines », a-t-il déclaré lors de l’émission « Le Grand Jury » RTL-Paris Première-M6-Le Figaro, précisant que l’objectif était de voir le texte débattu au Parlement « au premier semestre 2024 ».

Les manifestations d’agriculteurs se multiplient depuis quelques semaines, en France comme ailleurs en Europe, contre des charges financières et des normes environnementales jugées trop lourdes. Pour la quatrième journée de suite, l’autoroute 64 (A64) était toujours coupée entre Toulouse et Tarbes, dimanche, en raison de la mobilisation des agriculteurs occitans, tandis qu’un barrage filtrant doit être installé sur une route nationale de l’Ariège.

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Les agriculteurs occitans souhaitent obtenir de l’Etat le déblocage en urgence d’aides importantes, notamment face au renchérissement du carburant et à une maladie bovine, la maladie hémorragique épizootique, et une politique de l’eau favorable à l’irrigation des cultures.

« Moment d’exaspération »

Une réunion de près de trois heures samedi après-midi, entre le préfet d’Occitanie, Pierre-André Durand, et cinq représentants du monde agricole, n’a pas permis de décider de la levée du barrage. Les manifestants, qui promettent « une intensification » des blocages, réclament la venue du premier ministre, Gabriel Attal.

Dans l’Ariège, un barrage filtrant devant être installé sur un rond-point à Tarascon-sur-Ariège dans l’après-midi, la préfecture départementale a prévenu que « des difficultés importantes de circulation sont attendues dans les deux sens de circulation ».

Evoquant le blocage de l’A64 et une explosion en fin de semaine dans un bâtiment vide de la direction régionale de l’environnement (Dreal) à Carcasonne, le ministre de l’agriculture a appelé dimanche sur RTL à « distinguer les actions coup de poing des actions violentes », condamnant sans réserve « la violence d’où qu’elle vienne » et appelant chacun « à la responsabilité ». « J’appelle tout le monde à ne pas entrer dans cette surenchère », a-t-il ajouté, plaidant pour une levée des blocages afin d’engager « un dialogue » qui permette « d’apporter des réponses concrètes » et notamment « une accélération » de la simplification administrative pour les agriculteurs.

Prenant acte d’un « moment d’exaspération » avec la multiplication des manifestations de colère dans les campagnes, le ministre a assuré « être au côté des agriculteurs » face à une triple crise, de confiance avec la société, de la norme notamment européenne et du modèle agricole face au dérèglement climatique.

Olivier Marleix soutient les blocages

Dimanche, le chef de file des députés Républicains, Olivier Marleix, a assuré sur France 3 que son parti « soutient très clairement » le mouvement des agriculteurs, « y compris les blocages, malheureusement, quand il faut se faire entendre ». Selon M. Marleix, c’est surtout la hausse de la fiscalité sur le gazole non routier (GNR) qui « déclenche la colère » et « le gouvernement doit renoncer dans l’immédiat à cette mesure ». « La situation de nos agriculteurs n’est plus tenable », a-t-il estimé, évoquant le risque judiciaire en cas de mauvais usage des pesticides : « On fait des agriculteurs des délinquants, donc à un moment il y a un ras-le-bol. »

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Un point de désaccord avec la patronne des députés de La France Insoumise, Mathilde Panot, qui a déclaré sur la même chaîne : « Nous avons besoin de normes écologiques. » Il y a cependant une « revendication qui est partagée par tout le monde, très largement, c’est qu’on veut vivre de notre travail », a-t-elle ajouté, rappelant que son groupe avait déjà proposé un « prix plancher pour que les agriculteurs puissent vivre dignement », rejeté « à six voix à l’Assemblée nationale, à cause des macronistes et des LR ».

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Le secrétaire national du parti communiste, Fabien Roussel, a réclamé sur LCI « une loi de programmation pour notre agriculture » afin de remédier aux difficultés d’une profession qui « survit sous le seuil de pauvreté ». Demandant lui aussi à maintenir l’avantage fiscal sur le GNR, car les agriculteurs « n’ont pas d’autre choix que d’en utiliser pour leurs tracteurs », il a estimé qu’« on ne fera pas la transition écologique contre eux ».

Le Monde avec AFP

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