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PRIME VIDEO – À LA DEMANDE – SÉRIE

Toute ressemblance d’Expats avec Big Little Lies n’est qu’un trompe-l’œil. Comme tout bon trompe-l’œil, on pourrait s’y laisser prendre. Adaptation d’un roman à succès, plateau de tranches de vie prélevées dans une communauté privilégiée avec, en son centre, une figure féminine frappée par la tragédie incarnée par Nicole Kidman, Expats s’adresse, de toute évidence, au public qui fit le succès de la série de David E. Kelley et Jean-Marc Vallée.

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Mais on est sur l’autre rive du Pacifique, à Hongkong, et les femmes d’Expats sont mues par d’autres désirs et d’autres forces que celles de Monterey, en Californie. Elles ont traversé l’océan pour accomplir un morceau de leur destin dans une cité à nulle autre pareille, dont la verticalité matérialise à la fois les inégalités vertigineuses et la menace indéfinissable qui pèsent sur ces vies. On est en 2014, au moment de la « révolution des parapluies », dernier soulèvement de la jeunesse hongkongaise, dont le ressac, à l’image du typhon qui occupe tout le sixième épisode, met à l’épreuve l’étanchéité de l’univers des expatriées.

Un an avant le début du récit, Margaret (Nicole Kidman) a perdu son fils, un tout petit garçon qui a disparu dans un marché de Kowloon, échappant à la surveillance de Mercy (Ji-Young Yoo), une Américano-Coréenne venue à Hongkong pour s’affranchir de sa famille. Harriet (Sarayu Blue), la meilleure amie de Margaret, et David (Jack Huston), son époux volage, ont été pris dans les rouages de la tragédie.

Fluidité des épisodes

De cette migration vers l’écran de The Expatriates, de Janice Y. K. Lee (inédit en France), on pouvait faire un mélodrame. C’est peut-être ce que Nicole Kidman, qui est à l’origine de la série, avait en tête quand elle a appelé Lulu Wang pour lui demander de mener à bien ce projet. La cinéaste sino-américaine, autrice de L’Adieu, a choisi un autre cap, qui, par le biais de la dissection sociologique d’un milieu, dévoile les vérités les plus intimes.

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Expats appartient à cette catégorie de séries qui sont aussi de longs films. Lulu Wang a réalisé tous les épisodes, elle a dirigé l’équipe de scénaristes, privilégiant la fluidité plutôt que le suspense feuilletonesque dans le découpage des épisodes (dans un entretien au Hollywood Reporter, elle s’est dite furieuse de l’introduction de coupures publicitaires sur la version américaine de la plate-forme Prime Video), élaborant avec sa cheffe opératrice Anna Franquesa Solano un écosystème plastique qui repose, on l’a déjà dit, sur la terrible verticalité de la ville, de ses tours luxueuses, de ses alignements de gigantesques immeubles d’habitations populaires, de ses collines abruptes, au sommet desquelles habitent les élus.

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