Quand, en février, Emmanuel Macron a relancé le débat sur l’opportunité d’une nouvelle dette commune européenne, pour financer les investissements stratégiques de l’Union européenne (UE), il s’est de nouveau heurté à l’opposition de Berlin. « Le moment est venu de créer une capacité d’emprunt commune pour ces dépenses futures, des eurobonds pour l’avenir », a expliqué le président de la République dans un entretien au Monde, le 10 février.
« Je ne le veux pas », lui a sèchement répondu deux jours plus tard, le 12 février, le chancelier allemand conservateur, Friedrich Merz, à l’occasion d’une réunion des chefs d’Etat et de gouvernement européens, avant de renvoyer la discussion aux débats à venir sur le prochain budget communautaire (2028-2034). Celle-ci doit justement commencer lors du prochain conseil européen, prévu le jeudi 19 mars à Bruxelles, et se prolongera tout au long de l’année 2026.
Si le sujet d’une nouvelle dette commune aux Vingt-Sept reste ultrasensible politiquement, il irrigue pourtant les réflexions des banquiers centraux, des économistes et des acteurs financiers, qui sont de plus en plus nombreux à plaider sa cause.
Plutôt que de parler d’eurobonds – un terme devenu politiquement radioactif –, ils évoquent pudiquement ces « actifs sûrs européens », qui doivent permettre à l’euro de jouer un rôle international plus important, à l’heure où les Etats-Unis de Donald Trump ne sont plus aussi attractifs et où l’Europe a besoin de financer des investissements massifs dans la défense, la transition verte ou encore les technologies numériques.
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