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Le spectre de la paralysie a été repoussé, jeudi 18 janvier, aux Etats-Unis avec le vote par le Congrès américain d’une mesure très attendue de budget provisoire pour l’Etat fédéral.

Après le Sénat plus tôt dans l’après-midi, la Chambre des représentants a adopté le texte pour que le financement de plusieurs administrations fédérales, qui devait arriver à expiration vendredi soir à minuit, soit prolongé pour six semaines jusqu’au 1er mars. Sans cela, des milliers de fonctionnaires seraient contraints au chômage technique, notamment des contrôleurs aériens.

La Chambre des représentants a approuvé la mesure par 314 voix contre 108 pour éviter ce fameux « shutdown » partiel, l’opposition venant principalement des membres les plus conservateurs du camp républicain. Près de la moitié des républicains se sont néanmoins joints aux démocrates pour adopter la troisième mesure de financement provisoire de ces derniers mois. Quelques heures auparavant, le Sénat avait voté massivement en faveur du projet de loi, par 77 voix contre 18.

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« Une bonne nouvelle pour l’Amérique »

Les élus américains étaient sous pression pour voter rapidement cette mesure au Capitole, alors que Washington s’attend à des chutes de neige vendredi et que la Chambre des représentants a déjà annulé les scrutins prévus ce jour-là. Le texte adopté prolonge les niveaux de dépenses actuels et donne du temps aux deux chambres pour s’accorder sur un budget de long terme et sur le détail des dépenses.

« Nous avons une bonne nouvelle pour l’Amérique : il n’y aura pas de “shutdown” vendredi », s’est félicité Chuck Schumer, chef de file de la majorité démocrate au Sénat, lors d’un discours prononcé devant ses collègues. « Parce que les deux parties ont travaillé ensemble, le gouvernement restera ouvert, les services ne seront pas interrompus, nous éviterons un désastre inutile », a-t-il ajouté.

L’incapacité récurrente du Congrès à adopter un budget pour l’année fiscale (qui a débuté en octobre 2023) illustre les dysfonctionnements au sein de l’appareil institutionnel américain. Et les mesures de financement adoptées pour une courte durée, comme celle adoptée jeudi, sont souvent utilisées pour éviter la paralysie budgétaire.

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La porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, a déclaré que le président Joe Biden signerait la résolution et a exhorté les républicains à s’entendre pour clore le sujet budgétaire. « Les républicains de la Chambre des représentants doivent enfin faire leur travail et travailler ensemble pour adopter des projets de loi de financement pour l’année entière qui répondent aux besoins du peuple américain et aux priorités urgentes en matière de sécurité nationale, en adoptant la demande supplémentaire du président », a-t-elle déclaré.

Les sujets épineux de l’aide à l’Ukraine et de la frontière avec le Mexique

Le texte voté jeudi a ainsi été l’objet d’âpres négociations entre républicains, majoritaires à la chambre basse, et démocrates, majoritaires à la chambre haute. Le désaccord entre les deux partis porte sur les postes de dépense.

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Joe Biden a ainsi formulé une demande de 106 milliards de dollars de budget supplémentaires, principalement pour venir en aide à l’Ukraine, et dans une moindre mesure à Israël. Les chefs des deux partis au Sénat sont des partisans du soutien à Kiev, mais un certain nombre d’élus républicains à la Chambre des représentants affirment qu’un tel soutien n’est pas dans l’intérêt des Etats-Unis.

Autre sujet épineux : l’afflux de migrants à la frontière avec le Mexique. Républicains comme démocrates s’accordent sur l’existence d’une crise mais divergent sur la réponse à apporter. Les premiers souhaitent notamment limiter le droit d’asile et un renforcement des mesures d’expulsion.

Le président républicain de la Chambre, Mike Johnson, subit des pressions de la part de son aile droite pour qu’il abandonne le budget de 1,66 milliard de dollars (1,5 milliard d’euros environ) qu’il avait convenu avec Chuck Schumer au début du mois.

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Le Monde avec AP et AFP

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