Six hommes et une femme ont été condamnés vendredi 13 mars par le tribunal judiciaire de Paris pour une escroquerie par SMS utilisant un système d’interception téléphonique normalement réservé aux services de renseignement : l’IMSI-catcher.
Les peines les plus lourdes, cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt à effet différé, avec exécution provisoire, ont été prononcées à l’encontre d’Abdoulaye Kone et Mohamed Mhadebi. Ces responsables d’une société avaient acquis des IMSI-catcher auprès d’un fournisseur chinois et les avaient fait tourner, de septembre 2022 à février 2023, dans des voitures dans Paris, pour envoyer des messages d’hameçonnage alimentant des arnaques.
Leur fournisseur chinois, Yin Nongzhong, interpellé à l’occasion d’un voyage en Suisse et qui a comparu détenu en février, a été condamné à quatre ans de prison ferme, un an par machine vendue à des clients dans cette affaire. Les autres condamnés ont reçu des peines allant de six mois avec sursis probatoire à deux ans de prison ferme sans exécution provisoire. Une femme a été relaxée.
3,7 millions de portables accrochés
Le tribunal a ordonné aux condamnés de verser à l’Agence nationale des fréquences, partie civile tout comme Orange, 1 euro symbolique pour le préjudice moral et 1 euro pour le préjudice de désorganisation. Fin 2022, l’entreprise avait porté plainte après avoir constaté un comportement radio anormal de téléphones portables d’abonnés ayant reçu, sans qu’il passe par le réseau de l’opérateur, un SMS frauduleux cherchant à leur soutirer leurs données personnelles. L’opérateur a reçu 5 000 euros pour chacun de ces deux préjudices.
Une expertise technique a évalué que 3,7 millions d’appareils ont été accrochés pour leur délivrer un SMS par l’une des machines en cause dans cette affaire.
Une autre équipe avait déjà accepté une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, sorte de plaider-coupable, et avait été condamnée à des peines allant jusqu’à un an d’emprisonnement avec sursis et 70 000 euros d’amende.




