
Eric Perrot s’est retrouvé seul sur le pas de tir avant le dernier tour de piste, et il a éprouvé une curieuse impression de déjà-vu. Le souffle maîtrisé, les cinq balles qui blanchissent les cibles, le public qui scande son nom : il avait tout imaginé, mentalisé le moindre détail. Ce moment, il l’avait « rêvé » comme il aime à le dire. Douze jours après un premier sacre collectif en relais mixte, dix jours après l’argent sur l’individuel, le biathlète de 24 ans a de nouveau décroché l’or, mercredi 17 février, cette fois sur l’épreuve du relais masculin, aux Jeux olympiques de Milan-Cortina. Il s’attaque ce vendredi à son ultime objectif en solitaire : la mass-start.
A peine franchie la ligne d’arrivée, au bord de l’évanouissement, le Français ouvrait simplement les bras vers le ciel avant de s’écrouler. Il n’avait pas même les ressources pour célébrer comme il en a l’habitude, dans une gestuelle qui révèle la nature d’un champion aux deux visages : un air grave, sûr de lui, à la manière de celui qui était attendu et a simplement fait le boulot. Mais aussi une façon un peu enfantine de désigner son dossard ou de se frapper sur le torse, comme un garnement qui a réussi son mauvais tour et peut narguer la terre entière.
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