C’est en ce moment que commencent les versements au titre de l’intéressement et de la participation. Comme chaque année, les salariés concernés seront sans doute toujours plus nombreux à placer ces sommes sur un support responsable. En 2025, plus de 8 euros d’encours d’épargne salariale sur 10 alimentaient des fonds gérés en fonction de critères extra-financiers, comme la protection de l’environnement ou le bien-être des salariés.

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Chaque entreprise doit proposer au moins un support solidaire, dont 10 % à 15 % du portefeuille finance des entreprises, associations ou fondations qui promeuvent l’accès au logement, l’insertion, l’emploi, l’inclusion, etc. Une obligation qui date de la loi du 19 février 2001 sur l’épargne salariale, dite « loi Fabius ». Depuis 2019 et la loi Pacte (relative à la croissance et la transformation des entreprises), les salariés doivent aussi avoir accès à un fonds d’investissement socialement responsable (ISR), qui exclut notamment les entreprises de l’industrie fossile.

« Le label ISR et l’épargne solidaire se sont beaucoup développés grâce à l’épargne salariale. Dès le départ, sa visée responsable a été poussée par les organisations syndicales, qui négocient les plans de redistribution aux salariés », se souvient Laure Delahousse, directrice générale de l’Association française de la gestion financière (AFG).

« Donner plus de sens »

Dès 2002, les syndicats ont créé le label du Comité intersyndical de l’épargne salariale (CIES). « Il étiquette aujourd’hui 91 fonds qui favorisent l’emploi de qualité, le dialogue social, la réduction des inégalités ou encore la lutte contre les discriminations, la corruption et l’évasion fiscale », détaille Benoît Ostertag, membre CFDT du comité CIES. Ces fonds représentent 28 % de toute l’épargne des salariés et depuis 2022, ses encours progressent au même rythme que ceux de toute l’épargne salariale.

« Les fonds responsables ont connu une forte accélération après le Covid-19. A partir de 2021, les épargnants ont voulu donner plus de sens à leurs investissements, en privilégiant des impacts mesurables sur la santé, l’emploi, l’eau ou le climat », rappelle Patrick Behanzin, directeur marketing et membre du comité exécutif de Natixis Interépargne. Sur les fonds durables et solidaires de la filiale de BPCE, les encours ont plus que doublé en dix ans, de 3,3 milliards d’euros en 2015 à 8,3 milliards aujourd’hui.

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