
Ce 12 janvier, dans le décorum majestueux de la première chambre civile du palais de justice de Paris, la procureure générale de la cour d’appel, Marie-Suzanne Le Quéau, lance une alerte désespérée. « Nous sommes dans une situation proche de la submersion », déclare-t-elle devant Gérald Darmanin, le garde des sceaux, et une grande partie de l’institution judiciaire alignée en rang d’oignons à l’occasion de la rentrée de la cour d’appel de Paris. Et de préciser que « l’année 2025 a été marquée par une augmentation exponentielle du stock de dossiers criminels » : 925 dossiers sont en attente d’être jugés contre 680 une année auparavant. Une cote d’alerte qui « va continuer à s’aggraver », selon elle.
Les causes sont connues : la montée de la criminalité organisée, et surtout la vague d’affaires concernant des violences contre les femmes qui n’en finit pas de grossir et de se déverser dans les tribunaux français. En l’espace de dix ans, le nombre de victimes de violences conjugales recensées par les forces de l’ordre a doublé, pour dépasser la barre des 270 000 en 2024. Sur la même période, les plaintes enregistrées par l’institution judiciaire pour violences conjugales ont été multipliées par trois, passant de 43 760 à 124 000 entre 2014 et 2024. Même progression pour les violences sexuelles, passant de 59 000 à 154 000 affaires. Si bien qu’aujourd’hui une femme victime de viol doit attendre en moyenne six ans après le dépôt de sa plainte pour espérer obtenir une date de procès.
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