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Pékin avait menacé de représailles, et elles ont commencé à tomber. Le ministère du commerce chinois a ouvert, lundi 17 juin, une enquête antidumping sur les livraisons de viande de porc européen. L’annonce intervient cinq jours seulement après que la Commission européenne a haussé les taxes douanières sur les véhicules électriques chinois, Bruxelles s’inquiétant de l’impact des subventions et surcapacités chinoises sur l’industrie automobile des Etats membres.

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La procédure chinoise pourra s’étendre sur un an avec une prolongation possible de six mois. Elle vise les morceaux de porc frais ou congelés, certains produits salés ou fumés, ainsi que des abats, dont les intestins et estomacs. Le pays est considéré comme l’un des seuls débouchés pour ces derniers morceaux, peu consommés ailleurs mais appréciés en Chine, ce qui limite les débouchés alternatifs si la République populaire venait à leur imposer des droits de douane prohibitifs.

La Chine a importé pour six milliards de dollars de porc en 2023 (environ 5,6 milliards d’euros), dont la moitié en provenance de l’Union européenne. L’Espagne est le premier fournisseur avec un quart de ce marché, suivent le Danemark, les Pays-Bas et la France. Le ministre de l’agriculture espagnol, Luis Planas, a espéré lundi qu’il y ait une place pour la négociation. « Les guerres commerciales ne sont bonnes pour personne, surtout en matière de produits alimentaires », a-t-il déclaré.

Les pieds ou les oreilles

« Nous ne pouvons qu’être inquiets pour l’Europe et pour la France », réagit François Valy, installé à Ruffiac, dans le Morbihan et président de la Fédération nationale des producteurs de porcs. « Le marché chinois est stratégique pour la France », ajoute Anne Richard, directrice générale de l’interprofession Inaporc. Selon cet organisme, la Chine est le premier pays d’exportation de viande de porc française. Même si elles affichaient un recul de 20 % sur un an, les ventes vers ce pays ont atteint 257 millions d’euros en 2023. Il s’agit essentiellement de pièces non consommées en France comme les pieds ou les oreilles, très prisées en Chine.

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En outre, la filière porcine française se félicitait du protocole d’accord signé le 6 mai entre le président chinois Xi Jinping, en visite officielle en France, et son homologue Emmanuel Macron, ouvrant la voie à l’exportation des abats blancs de porcs français (estomacs et intestins). Elle chiffrait la hausse attendue des ventes vers ce pays à 10 %. La Chine joue donc un rôle-clé dans la valorisation des porcs européens et français et dans l’équilibre des marchés. Or, depuis deux ans, cette valorisation est favorable aux éleveurs porcins.

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