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De récents actes d’intimidation sur des représentants de médias spécialisés dans les affaires de corruption entachent les efforts affichés par le gouvernement du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, de réaliser les réformes pour plus de transparence attendues par l’Union européenne. Le domicile du journaliste Yurii Nikolov, réputé pour ses enquêtes sur le ministère de la défense ukrainien, a été « visité » par des hommes habillés en tenues militaires qui l’ont insulté et menacé, dimanche 14 janvier. Deux jours plus tard, c’était le média d’investigation Bihus.Info qui était visé, avec la diffusion, sur une chaîne Telegram anonyme, d’une vidéo compromettante visant à discréditer le travail de ses journalistes.

La société civile ukrainienne s’est immédiatement emparée de ces affaires en appelant les autorités du pays à condamner fermement les attaques subies par les enquêteurs. « Nous demandons instamment aux forces de l’ordre de prendre en compte la gravité de la situation et d’identifier rapidement les personnes impliquées dans l’organisation de ces persécutions et attaques contre les journalistes, et de leur demander des comptes », a ainsi déclaré Mediarukh, une association regroupant les grands médias ukrainiens.

Mercredi, le service de sécurité du pays (SBU) a ouvert une enquête criminelle sur les écoutes téléphoniques et les enregistrements vidéo, par le biais d’une caméra dissimulée, du site Bihus.Info, tout en assurant que « le travail transparent et sans entrave des médias indépendants et professionnels est une condition importante pour le développement de l’Ukraine en tant qu’Etat démocratique ». Dans la même soirée, au terme de sa journée consacrée au Forum économique mondial de Davos, le président ukrainien a affirmé que « toute pression sur les journalistes [était] inacceptable ».

« Pute du Kremlin »

Cette double affaire, qui a déclenché un important scandale dans le pays, a débuté dimanche lorsque des hommes habillés en soldats se sont présentés au domicile du journaliste Yurii Nikolov. Ce dernier, auteur d’une enquête qui avait provoqué un séisme au sein du ministère de la défense, n’était pas chez lui lorsque ces individus ont tenté d’entrer par effraction. C’est sa mère, âgée, qui l’a appelé pour lui dire qu’ils tentaient d’ouvrir la porte tout en criant son nom. A son retour, le journaliste a trouvé des feuilles sur lesquelles étaient inscrits les mots « provocateur », « pute du Kremlin ».

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Deux jours plus tard, une vidéo diffusée sur une chaîne Telegram anonyme montrait des employés du média Bihus.Info en train de consommer de la drogue dans un complexe hôtelier de la banlieue de Kiev, à l’occasion du Nouvel An. Des bribes de conversations au téléphone ont également été diffusées. Ce serait la preuve, selon le rédacteur en chef du site spécialisé dans les affaires de corruption, que ses salariés étaient sur écoute depuis au moins un an. « Il s’agit d’une surveillance et d’un harcèlement systématique et à long terme visant à discréditer le travail de l’équipe », a affirmé Maksym Opanasenko dans un entretien au média nv.ua.

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