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Sans être une revendication prioritaire, la question des retraites agricoles vient de resurgir à la faveur du mouvement de colère des paysans. Lundi 22 janvier, Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA, l’a évoquée pour pointer deux difficultés. L’une – identifiée de longue date – a trait au niveau « indigent », selon lui, des pensions versées aux anciens exploitants. L’autre concerne les retards pris dans la mise en application d’une réforme dont l’objet est précisément d’améliorer le montant des prestations. « C’est la crédibilité de la parole publique [qui est en jeu] », a déclaré le responsable du principal syndicat dans la profession. Ses propos montrent que le dossier constitue une toile de fond au mal-être qui s’exprime depuis plusieurs jours.

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M. Rousseau n’a pas abordé le sujet de sa propre initiative. Invité de France Inter, il réagissait à l’interpellation d’un auditeur. « Les retraites agricoles sont les plus faibles de tous les secteurs d’activité économique », a-t-il affirmé, en soulignant qu’elles se situent, dans « la plupart » des cas, autour de 1 000 euros, « parfois moins ». « Après une vie de labeur », c’est révoltant, a-t-il lancé, en substance.

Son courroux est d’autant plus vif que le Parlement a tenté d’apporter des solutions en adoptant, en février 2023, par un vote unanime des deux chambres, une proposition de loi. Portée par Julien Dive, député Les Républicains de l’Aisne, elle vise à déterminer, à partir de 2026, la retraite de base des « non-salariés agricoles » (chefs d’exploitation, conjoints de collaborateurs) en fonction des vingt-cinq meilleures années et non plus selon l’intégralité de leur carrière. Ce mécanisme est censé être plus avantageux que celui qu’il remplace, tout en s’alignant sur les règles qui prévalent pour les salariés du privé et les travailleurs indépendants affiliés au régime général.

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Le problème, c’est que le gouvernement devait remettre, trois mois après la promulgation du texte, un rapport « précisant les modalités de mise en œuvre » du nouveau dispositif. Or, le document en question n’a toujours pas été produit. « On est un an après, il n’y a rien », a dénoncé, lundi, M. Rousseau. Et d’ajouter : « J’entends les politiques dire : “On s’intéresse à vos questions, on en parle souvent.” La réalité, c’est qu’au moment où je vous parle, sur les retraites, nous n’avançons pas. »

Un déblocage imminent ?

Le fait que les délais ne soient pas respectés agace aussi M. Dive. Cependant, le député de l’Aisne explique avoir très récemment repris contact avec Matignon. « Les services du premier ministre nous assurent désormais que la méthodologie, initialement attendue pour l’été 2023, sera présentée en février ou en mars », explique-t-il. Comme si la situation était sur le point de se débloquer devant les fourches qui se lèvent.

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