Au milieu des gravats et des sacs plastiques éventrés, le pied bute sur des ossements humains. Ici, un morceau de crâne, un bassin fracturé, là encore un tibia ou un fémur. « Le quartier entier est une fosse commune. Les gens étaient abattus ici, leurs corps jetés dans les poubelles, recouverts de sable ou incendiés. On sentait parfois l’odeur de la chair brûlée », se souvient Bashir Hammadi, un habitant de Tadamone, dans la banlieue sud de Damas.

A l’ombre de grands immeubles vides, inachevés, des enfants jouent, insouciants, avec des fragments d’os. Des tirs de roquettes ont fait exploser des pans de mur qui pendouillent dans le vide. Une meute de chiens fait nonchalamment la sieste, caressée par un rayon de soleil. « Demandez-leur à eux, ils doivent s’en souvenir. Ils ont dû en dévorer des cadavres », ajoute cyniquement Bashir Hammadi.

Sur l’avenue Daaboul qui borde cette scène de crime géante, ouverte aux quatre vents, la moto d’un soldat masqué passe en trombe avant de faire demi-tour. « Interdiction de creuser ou de prélever quoi que ce soit ici », lâche-t-il en remettant les gaz. Mis à part cet avertissement, aucune mesure n’a été prise par les nouvelles autorités pour préserver les traces et les nombreux vestiges de l’un des rares crimes de guerre du régime d’Al-Assad documenté par ceux qui l’ont perpétré.

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