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Histoires Web mardi, mars 5
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Un empoisonnement royal au palais de l’Elysée. On a frôlé le drame, le 2 décembre 2014. Héritier de Jean-Baptiste-Jules Bernadotte, maréchal d’Empire devenu roi de Suède et de Norvège en 1818, Charles XVI Gustave se trouve alors à Paris avec son épouse, la reine Silvia, pour une visite d’Etat. Comme il se doit en pareille occasion, le président François Hollande donne un banquet rue du Faubourg-Saint-Honoré en l’honneur du couple.

Toute la pompe de la République est de sortie. Mais, le lendemain, la reine est clouée au lit, « indisposée », explique diplomatiquement son mari. Le coupable est rapidement identifié : un homard breton manquant de fraîcheur.

Rancunier, le roi ? Neuf ans plus tard, alors que la cour royale annonce la venue en Suède du président Emmanuel Macron et de sa compagne en octobre – visite reportée depuis aux 30 et 31 janvier à la suite de l’attentat de Bruxelles –, Charles XVI Gustave rappelle ce crime de lèse-majesté, dans un grand entretien au quotidien économique Dagens Industri. « Tout le monde est tombé malade », assure-t-il, raillant les cuisines de l’Elysée, qui « avaient sans doute préparé [le homard] l’après-midi et l’ont servi au dîner ». Face à pareille calamité, la visite d’Etat des Macron, la première depuis la venue des Chirac en 2000, ne peut être qu’un succès : « Je suis tranquille. Ça va bien se passer », confie Charles XVI Gustave au journal.

Rôle protocolaire

Il faut dire que le monarque, âgé de 77 ans, en a vu d’autres. Il vient de célébrer son jubilé. Un record de longévité dans l’histoire du royaume scandinave. Son règne a connu des hauts et des bas. Mais le bilan est positif : tous les sondages montrent qu’une majorité de Suédois veulent conserver la monarchie. Et même si son abolition figure toujours dans le programme du Parti social-démocrate, aucune formation politique n’ose la réclamer.

Il y a cinquante ans, la situation était tout autre. Quand son grand-père, le roi Gustave VI Adolphe, rend son dernier souffle, le 15 septembre 1973, ils sont nombreux à douter des capacités du jeune prince. Son père, le prince héritier Gustave-Adolphe, était mort dans un accident d’avion quand il avait 10 mois. Peu appréciée des Suédois, sa mère, la princesse Sybilla, fille du duc Charles-Edouard de Saxe-Cobourg et Gotha, un proche d’Adolf Hitler, avait sombré dans la dépression. On le disait limité intellectuellement – pendant son enfance, sa dyslexie était passée pour un retard mental –, plus intéressé par les fêtes et les filles que par les affaires de l’Etat.

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