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A moins de cinq mois des élections européennes, la visite d’Ursula von der Leyen en Suède, vendredi 19 janvier, est tout sauf anodine. Accueillie à Stockholm par le premier ministre suédois, Ulf Kristersson, et son homologue finlandais, Petteri Orpo, la présidente de la Commission européenne va y rencontrer des acteurs de l’industrie forestière des deux pays, où la gestion des forêts devrait faire partie des grands thèmes de la campagne, avant le scrutin du 9 juin.

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Pays les plus boisés de l’Union européenne (UE), les deux Etats nordiques possèdent à eux seuls 30 % des forêts européennes. Autrefois massif, le poids de l’industrie forestière dans leur économie a reculé, mais il reste important : les produits issus de la forêt représentent encore près de 20 % des exportations de biens finlandaises et 10 % de celles de la Suède.

Or, à mesure que la législation européenne s’est durcie, ces dernières années, dans le but de préserver les forêts, l’exaspération s’est intensifiée à Stockholm et à Helsinki, où l’industrie, soutenue par la plupart des partis politiques, défend un modèle de sylviculture intensif, basé sur les coupes à blanc et la monoculture, que les deux pays continuent de présenter comme « durable », même s’il est de plus en plus contesté.

« Enormes obstacles »

Avant les élections législatives de septembre 2022 en Suède, Ulf Kristersson, alors leader du parti des Modérés (conservateur), avait envoyé une lettre aux 311 000 propriétaires forestiers du pays. Il s’était engagé à les « soutenir », et non à les « contrôler », promettant que « plus de forêts seraient exploitées, pas moins », et que « la Suède allait se battre pour la sylviculture suédoise au niveau de l’UE et défendre le fait que les décisions concernant la forêt et son usage restent une compétence nationale ».

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Le 4 octobre 2023, les premiers ministres suédois et finlandais ont écrit à Mme Von der Leyen pour lui faire part de leur inquiétude : « Nos forêts, la sylviculture et ses chaînes de valeur sont soumises à une forte pression du fait de la législation européenne nouvellement négociée en matière d’énergie, de climat et d’environnement », s’émouvaient-ils, l’invitant à venir les rencontrer. Ils plaidaient alors pour « une sylviculture active », arguant que, si les forêts ont un rôle à jouer dans la lutte contre le changement climatique, c’est avant tout en fournissant du bois, pour réduire l’usage des énergies fossiles.

Durant la dernière mandature européenne, « la Suède et la Finlande ont été d’énormes obstacles à la transition sur les questions forestières », constate l’eurodéputé écologiste suédois Pär Holmgren. Il compare le lobby forestier suédois à « l’industrie pétrolière en marge d’un sommet sur le climat », ne ménageant aucun effort pour « propager le récit selon lequel notre modèle de sylviculture est durable, ce qui est loin de la vérité ».

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