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« L’Ukraine n’est pas un pays souverain et indépendant, elle est sous l’influence absolue des Etats-Unis d’Amérique. » C’est aussi l’un des pays « les plus corrompus au monde », qui tient une position « irréaliste » en se battant pour « que les Russes s’en aillent du Donbass ou de Crimée ». Ces propos, qui collent parfaitement avec la propagande du Kremlin, ont été tenus samedi 20 janvier à la télévision publique slovaque par Robert Fico, le premier ministre de ce pays d’Europe centrale frontalier de l’Ukraine, dont l’Union européenne s’inquiète qu’il soit en train de basculer dans le camp prorusse, sur le modèle de la Hongrie.

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De retour au pouvoir depuis octobre 2023 après avoir fait campagne en promettant d’arrêter de donner des armes à l’Ukraine, ce dirigeant de gauche national-populiste de 59 ans s’emploie à multiplier les signaux prorusses à destination des 5,5 millions de Slovaques. En décembre, il a par exemple demandé qu’un citoyen slovaque à la tête du groupe de motards prorusse Les Loups de la nuit soit retiré des listes de sanctions européennes établies depuis le début de la guerre. Quant à sa ministre de la culture, nommée par ses alliés d’extrême droite, elle a annoncé que Bratislava allait relancer les programmes de coopération avec la Russie et la Biélorussie.

A la différence de son modèle, le premier ministre nationaliste hongrois Viktor Orban, le Slovaque prend toutefois soin jusqu’ici à ne pas entamer l’unité européenne sur la guerre en Ukraine. Quatre jours seulement après ses propos remarqués à la télévision slovaque, ce maître reconnu du double langage a ainsi pu affirmer, lors d’un déplacement en Ukraine, qu’il comptait en réalité « renforcer » ses liens avec son voisin.

Depuis l’Ukraine, il a certes confirmé que la Slovaquie n’allait plus donner d’armes de son arsenal militaire – qui a de toute façon déjà été bien dégarni pour soutenir Kiev –, mais il a ajouté que les très cruciales usines d’armement pourraient continuer de travailler à plein régime pour l’armée ukrainienne, sur une base commerciale. Contrairement à la Hongrie, qui menace toujours d’y mettre son veto, le gouvernement slovaque s’est par ailleurs aussi engagé à soutenir l’aide financière de 50 milliards d’euros qui doit être discutée jeudi par le Conseil européen.

Faible intérêt pour la politique étrangère

« Robert Fico n’est pas Viktor Orban », avance Michal Vasecka, sociologue au Bratislava Policy Institute, pour expliquer cette différence notable dans la stratégie diplomatique des deux pays derrière des positions prorusses très similaires en façade. « Il s’intéresse en réalité très peu à la politique étrangère, il ne rêve pas d’être l’avant-garde de l’Europe illibérale, ce qui l’intéresse, c’est avant tout les fonds européens que lui et son parti veulent pouvoir détourner », estime-t-il au sujet de ce dirigeant qui a trempé dans de multiples scandales.

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