Un an après l’effondrement dramatique de l’auvent de la gare de Novi Sad, deuxième ville de Serbie, le mouvement anticorruption qui secoue ce pays des Balkans comptant 6,5 millions d’habitants ne s’essouffle certes pas, mais il n’arrive toujours pas à se faire entendre. Plus de 100 000 Serbes ont encore protesté, le 1er novembre, devant le site de l’accident. Depuis le 2 novembre, ils sont aussi chaque soir plusieurs milliers à se réunir devant le Parlement, à Belgrade, pour soutenir la mère de l’une des seize victimes qui s’est lancée dans une grève de la faim.
Jusqu’ici, le président, Aleksandar Vucic, résiste toujours à la pression de la rue et refuse d’organiser des élections législatives anticipées. Cet échec s’explique en partie par les divisions lancinantes du mouvement autour de la question de l’Union européenne (UE). Alors que les étudiants se réclament, en théorie, des valeurs associées à l’UE, comme l’établissement d’un système judiciaire indépendant qui permette enfin de combattre une corruption endémique largement accusée d’avoir causé le drame, de plus en plus de Serbes se demandent, par exemple, pourquoi il est tabou de brandir le drapeau européen dans les cortèges.
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