Les forces de Kinshasa mènent des attaques sur plusieurs fronts contre le M23 (Mouvement du 23 mars) dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), avec l’appui de drones qui ont frappé le groupe armé à proximité d’un site minier stratégique, ont affirmé mercredi 25 février à l’Agence France-Presse (AFP) des sources locales et sécuritaires.
Les combats se concentrent notamment mercredi, selon ces sources, dans des zones proches de la cité minière de Rubaya, qui produit entre 15 % et 30 % du coltan mondial, minerai stratégique pour l’industrie électronique. La RDC détiendrait au moins 60 % des réserves mondiales.
L’est de la RDC est ravagé depuis trente ans par des conflits et est en proie à une nouvelle flambée de violences depuis la résurgence du groupe armé antigouvernemental M23 en 2021, avec le soutien de Kigali et son armée.
Le M23 s’est emparé de vastes pans de territoires dans l’Est et a lancé en décembre une offensive sur la cité stratégique d’Uvira, située dans la province orientale du Sud-Kivu, suscitant l’ire de Washington, médiateur d’un fragile accord de paix entre la RDC et le Rwanda. L’Angola, autre médiateur du conflit dans l’Est, a proposé à Kinshasa et au M23 de respecter un cessez-le-feu à compter du 18 février, sans que cela mette fin aux combats.
Coalition de milices alliées au M23
Mercredi, des milices locales appuyées par des militaires congolais et des frappes de drones, ont mené des attaques simultanées en plusieurs points de la ligne de front dans la province orientale du Nord-Kivu, en particulier dans le territoire de Masisi, selon des sources locales et sécuritaires.
La veille, des combattants du M23 ont été touchés par une frappe de drone à proximité de Rubaya, cité minière stratégique située dans le territoire de Masisi, ont déclaré à l’AFP un responsable du groupe armé à Rubaya et des sources sécuritaires.
Le site minier de Rubaya qui s’étend sur plusieurs dizaines de kilomètres est passé en avril 2024 sous le contrôle du M23 qui en tire d’importants revenus grâce à une taxe prélevée sur la production et le commerce des minerais, selon des experts de l’ONU. « Au centre de Rubaya, c’est la psychose, je suis allé voir l’endroit où le drone a bombardé, mais on nous a refusé l’accès », a déclaré mardi à l’AFP un habitant sous couvert de l’anonymat.
Des combats ont également été signalés mercredi dans les plateaux du Sud-Kivu, où l’armée congolaise affronte une coalition de milices alliées au M23 avec l’appui d’environ 5 000 soldats burundais, selon des sources locales et militaires.




