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C’est une série de revers judiciaires pour les autorités néo-calédoniennes dans leur plan de lutte contre les attaques de requin. Mercredi 17 janvier, la cour administrative d’appel de Paris a ordonné la réinscription des requins-tigres et des requins-bouledogues sur la liste des espèces protégées de la province Sud. Cette collectivité, qui dispose, comme les deux autres provinces de Nouvelle-Calédonie, de son propre code de l’environnement, les en avait retirés en 2021. Dans son arrêt, la cour relève que cette mesure a fait l’objet d’« avis négatifs du comité pour la protection de l’environnement et du conseil scientifique de la province Sud ». Elle note également que la collectivité n’a « fait procéder à aucun recensement ni étude scientifique des populations de requins-tigres et bouledogues existantes, ni d’évaluation de l’impact de la mesure ».

A la fin de décembre 2023, c’est le tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie qui avait annulé la mesure phare de la gestion du « risque requin » : l’abattage des squales au cours de campagnes de pêche systématisées. Rien que pour l’année 2023, 127 requins-tigres et bouledogues ont été tués. Le juge administratif a estimé la mesure « disproportionnée au regard du but de protection de la vie humaine poursuivi, d’autant plus qu’aucune étude scientifique précise n’a été menée pour connaître l’état des populations des espèces ciblées, ni les effets sur l’environnement de tels prélèvements ».

Les collectivités incriminées – la ville de Nouméa pour l’abattage et la province Sud pour le déclassement des requins – ont annoncé faire appel, mais pour l’association néo-calédonienne de défense de l’environnement Ensemble pour la planète (EPLP), à l’origine des recours, les décisions « démontrent ce que nous crions dans le vide depuis des mois, à savoir que c’est toute la gouvernance qui est à revoir. Comment peut-on prendre de telles décisions sans lancer d’études d’impact et sans tenir compte de l’avis des scientifiques ou du Conseil de protection de l’environnement ? », interroge Martine Cornaille, présidente de l’association.

Lire aussi (2023) : Article réservé à nos abonnés Les requins ont mieux résisté que d’autres espèces face à la cinquième grande extinction de masse

Si la justice vient de donner raison aux défenseurs de l’environnement, ceux-ci ont, en effet, bien du mal à se faire entendre. D’abord parce que la question des requins est extrêmement sensible. En janvier et février 2023, plusieurs attaques se sont produites au milieu d’autres baigneurs, à moins de 100 mètres du bord d’une des plages les plus fréquentées de Nouméa. Elles ont durablement choqué l’opinion publique et ébranlé les consciences jusque dans les rangs d’écologistes convaincus. Réagissant mercredi à la décision de la cour administrative d’appel, la province Sud a assuré dans un communiqué être engagée dans une démarche « visant à continuer de privilégier l’homme aux requins ».

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