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Une digue a sauté en Israël, emportée par la lente réduction des troupes déployées à Gaza. Incapable de décider de leur mission à l’avenir dans l’enclave, le cabinet de guerre, qui mène l’opération, exprime désormais publiquement ses divisions. Dans sa première interview à la télévision israélienne, l’un des membres de ce conseil restreint, l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot, a appelé, jeudi 18 janvier, à des élections législatives dans les prochains mois « afin de renouveler la confiance du public, parce qu’à l’heure actuelle, il n’y a aucune confiance ».

Le général acte ainsi une incapacité à définir collégialement les objectifs de la guerre à court terme. Issu de l’opposition centriste, il se refuse à dire s’il a confiance en Benyamin Nétanyahou et « espère » que le premier ministre ne cherche pas à prolonger indéfiniment le conflit afin d’assurer sa survie politique.

Depuis son entrée au cabinet, le 11 octobre, M. Eisenkot a déjà laissé dire à son entourage qu’il considère le premier ministre comme un danger pour la sécurité nationale, et qu’il entendait agir lui-même comme un garde-fou. Il a précisé, jeudi, l’avoir déjà fait en octobre, en contribuant à empêcher l’ouverture d’un front au Liban, qui aurait offert au Hamas la guerre régionale qu’il a peut-être cherché à allumer.

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Le point de fixation de leur profond désaccord est aujourd’hui l’avenir des quelque cent trente otages capturés par le mouvement islamiste, le 7 octobre, et encore captifs. Le gouvernement israélien prétend, depuis la fin d’octobre, qu’ils ne peuvent être libérés qu’en exerçant une pression militaire immense sur l’ennemi. Si les opérations se sont réduites dans la métropole de Gaza, détruite, en partie dépeuplée et coupée du monde, elles se poursuivent intensément dans la périphérie sud de l’enclave, à Khan Younès, sans permettre pour l’heure ni la libération d’otages ni la capture ou l’assassinat des plus hauts responsables du Hamas.

« Nous n’avons pas renversé le Hamas »

L’état-major, comme M. Eisenkot et son allié au cabinet, le général Benny Gantz, craint que l’opération ne s’enlise sans produire plus de résultat, faute d’objectifs clairs. « Nous n’avons pas renversé le Hamas, a affirmé M. Eisenkot, jeudi, à la chaîne 12. La situation à Gaza est telle que les objectifs de guerre doivent encore être achevés. » Défaire militairement le Hamas prendrait encore de longs mois et les otages n’ont pas ce temps, estime ce général, qui a perdu, en décembre, un fils, soldat engagé à Gaza. Israël annonce chaque semaine la mort de captifs maltraités. « Nous devrions dire courageusement qu’il est impossible de ramener les otages vivants dans un futur proche sans un accord [avec le mouvement islamiste] », en conclut M. Eisenkot.

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