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LETTRE DE NEW DELHI

La farce n’a duré que vingt-quatre heures, mais elle soulève de nombreuses questions et provoque une vive polémique. Le 2 février, un communiqué diffusé par ses agents sur son compte Instagram annonçait que Poonam Pandey, mannequin et actrice indienne de second rang, 32 ans, avait succombé à un cancer du col de l’utérus. Les médias indiens, souvent peu scrupuleux, et les réseaux sociaux ont abondamment relayé l’information, publiant nécrologies et éloges. Et la page Wikipédia de Poonam Pandey a été actualisée.

Son équipe de communication avait précisé à India Today que son cancer avait été détecté quelque temps plus tôt à un stade avancé et que ses funérailles auraient lieu dans l’Uttar Pradesh, d’où elle est originaire. Certains sceptiques avaient toutefois relevé que des images de la jeune femme à bord d’un bateau à Goa, apparemment en bonne forme, avaient été postées sur son compte quatre jours avant l’annonce !

Le lendemain, le 3 février, au milieu du tumulte, Poonam Pandey avouait dans une vidéo postée sur Instagram – où elle compte 1,3 million d’abonnés – qu’elle était en parfaite santé et avait agi dans le cadre d’une campagne de sensibilisation au cancer du col de l’utérus. « Je suis vivante. Je ne suis pas morte du cancer du col de l’utérus. Malheureusement, je ne peux pas en dire autant des centaines de milliers de femmes qui ont perdu la vie à cause de ce cancer. »

Connue pour ses provocations

Cette vidéo de la mannequin a immédiatement déclenché une tempête de critiques sur le procédé employé, l’utilité de son geste et sa volonté d’attirer l’attention sur elle. Car Poonam Pandey est connue pour ses provocations et ses exhibitions. En 2011, notamment, lors de la Coupe du monde de cricket, elle avait déclaré qu’elle se déshabillerait si l’Inde remportait le tournoi. Et, en 2019, Facebook avait banni son compte pour des publications inappropriées sur la plate-forme.

L’All Indian Cine Workers Association a signalé sa volonté qu’une enquête soit ouverte contre la mannequin pour avoir blessé le sentiment des Indiens. « Il est nécessaire de prendre des mesures strictes afin que de telles fausses nouvelles ne soient plus diffusées par quiconque », a demandé l’organisation des travailleurs du cinéma, ajoutant que « l’utilisation du cancer du col de l’utérus à des fins d’autopromotion n’est pas acceptable ».

Le canular de Poonam Pandey incitera peut-être des femmes à se faire dépister car, depuis son annonce, des milliers de pages ont été consultées en ligne sur cette maladie. Mais la fin justifie-t-elle les moyens ? Falsifier la vérité, tromper son monde pour attirer l’attention, jouer sur les émotions à l’heure de la bataille contre les « fake news », semble une méthode peu louable, même pour une bonne cause. Surtout en Inde où les réseaux sociaux polluent la quête d’une information fiable.

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