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La révolution espérée par de nombreux Haïtiens n’aura finalement pas eu lieu. En tout cas, pas le jour J. Les manifestations, parfois violentes, qui ont eu lieu dans plusieurs villes d’Haïti depuis lundi, n’y ont rien changé. Mercredi 7 février, le premier ministre haïtien, Ariel Henry, s’est maintenu au pouvoir, défiant les appels à démissionner émanant d’une grande partie de la classe politique et de la population.

Nommé à la tête du gouvernement, en juillet 2021, par le président Jovenel Moïse, deux jours avant l’assassinat de celui-ci, et entré en fonctions au bout de plusieurs journées tumultueuses, le premier ministre de transition, qui assure désormais la présidence par intérim, s’était engagé, en décembre 2022, à organiser des élections et à quitter le pouvoir au 7 février. Mais il n’en a rien été.

« Une transition ne débouche pas sur une autre transition », a déclaré mercredi soir M. Henry, au cours d’une allocution télévisée d’une dizaine de minutes. « Dès lors que le problème de l’insécurité sera en voie de résolution, nous lancerons le processus électoral afin de remettre le pouvoir au dirigeant choisi par le peuple », a-t-il poursuivi, en référence à la grave crise sécuritaire dans laquelle le pays est plongé depuis plusieurs années, sous l’action de bandes criminelles surarmées.

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Dans ce pays caribéen de onze millions d’habitants, la journée de mercredi a été marquée par de nombreux incidents graves. Dans le village de Laboule, aux abords de Port-au-Prince, cinq personnes ont été tuées dans l’après-midi par les forces de police après des échanges de tirs. Selon les médias locaux, les victimes seraient des membres de la Brigade de surveillance des aires protégées (BSAP), un corps de gardes forestiers en conflit larvé avec le gouvernement depuis plusieurs années. Circulant à bord d’un véhicule aux couleurs de leur unité, ces membres de la BSAP « n’ont pas obtempéré aux avertissements des policiers », rapporte le quotidien Le Nouvelliste, qui évoque des « rafales d’armes automatiques ». Les forces de l’ordre ont arrêté trois passagers de ce véhicule et saisi des munitions, précisent les médias locaux.

Appel à l’insurrection

Du nord au sud du pays, la population est descendue dans les rues pour protester. Tantôt dans un calme relatif, comme dans les grandes villes de Cap-Haïtien et des Cayes, tantôt dans un climat de violence : dans les localités de Gonaïves, Hinche ou Ouanaminthe, la foule a pillé des commerces et saccagé des bâtiments publics, incendié des locaux. A Jérémie, commune de l’extrémité sud-ouest du pays, le drame a été évité de justesse. Une dizaine de personnes, dont trois journalistes qui couvraient la manifestation, ont été blessées par des tirs, certaines grièvement.

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