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Pour les Finlandais, le second tour de l’élection présidentielle, qui s’est tenu ce dimanche 11 février, marque la fin d’une époque. Elu pour la première fois en 2012, puis en 2018, Sauli Niinistö, 75 ans, tire sa révérence. Dans les livres d’histoire, cet homme discret, qui a fait entrer son pays dans l’OTAN après l’invasion de l’Ukraine, restera probablement comme un des présidents les plus populaires qu’ait connus le pays depuis son indépendance, en 1917.

Au terme d’une campagne largement dominée par les questions de sécurité, le grand favori des sondages, Alexander Stubb, 55 ans, a été élu avec un résultat finalement plus serré que prévu, puisqu’il obtient 51,6 % des voix, devant l’ancien ministre écologiste des affaires étrangères, Pekka Haavisto, candidat malheureux pour la troisième fois.

Champion de triathlon

« Quand la mère patrie vous appelle, vous répondez », avait déclaré M. Stubb, en août 2023, pour annoncer sa candidature, six ans après avoir quitté la politique et la Finlande pour une carrière internationale, en tant que vice-président de la Banque européenne d’investissement, puis directeur de l’Ecole de gouvernance transnationale de l’Institut universitaire européen de Florence, en Italie, où il vit depuis 2020.

Dimanche soir, accompagné de sa femme, une juriste d’origine anglaise, et de leurs deux enfants, cet europhile, polyglotte, spécialiste des relations internationales – et champion de triathlon – a assuré que devenir le treizième président du pays était le « plus grand honneur de [sa] vie » et qu’il s’attacherait à « promouvoir la paix ».

En tant que président, ses compétences se limiteront à la politique étrangère, qui doit être décidée en coordination avec le gouvernement. Au cours de la campagne électorale, il a assuré que ses positions sur la Russie ne différaient pas de celles de M. Niinistö. Depuis le 24 février, la Finlande a coupé toutes les relations politiques et diplomatiques avec son voisin et décidé de rejoindre l’OTAN. Une adhésion à propos de laquelle M. Stubb n’a jamais caché qu’il était favorable, bien avant, d’ailleurs, que la candidature du pays soit à l’ordre du jour. Récemment, il déclarait être favorable à un OTAN « plus européen ».

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Si, comme M. Niinistö, il appartient au Parti de la coalition nationale (conservateur), la ressemblance entre les deux hommes, dont les relations ont parfois été tendues, s’arrête là. Pendant la campagne, M. Stubb a dû redoubler d’efforts pour contredire ceux qui lui reprochaient son « arrogance » et sa « spontanéité ». Des critiques qui datent de l’époque où il a brièvement dirigé le gouvernement, entre juin 2014 et mai 2015, un mandat émaillé de controverses – par exemple, lorsqu’il s’était présenté en short et tongs, sur son vélo, à une conférence de presse, en août 2014 – et qui se solda par la défaite de son parti aux élections législatives, en avril 2015. Un épisode doublé d’un échec personnel, puisqu’un an plus tard, devenu ministre des finances, il était détrôné de la tête de son parti par Petteri Orpo, l’actuel premier ministre.

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