La cérémonie des Oscars aura lieu dimanche 15 mars en soirée, à Los Angeles (Californie), et cette édition porte un suspense digne d’un film d’Hitchcock. On se demande si le formidable film Sinners, de Ryan Coogler, nommé 16 fois (un record), dans lequel des vampires blancs sucent le talent des Noirs et de leur culture, va triompher. On se demande si Hollywood, bastion démocrate tétanisé depuis un an par la violence de Donald Trump, redeviendra pugnace ou se contentera de remercier Dieu.
Et puis il y a le cas Timothée Chalamet. Il était le grand favori pour l’Oscar du meilleur acteur avec son rôle de joueur de ping-pong dans le film Marty Supreme, de Josh Safdie. Rien ne semblait pouvoir freiner son ascension. Et voilà que, patatras, dix secondes ont suffi pour écorner salement son image. Dialoguant pendant près de deux heures, le 24 février, avec son confrère Matthew McConaughey, à l’université du Texas, à Austin, devant des étudiants et lors d’un entretien réalisé pour CNN et Variety, l’acteur a eu ces mots, sur un ton rigolard : « Je ne me vois pas travailler dans la danse classique ou l’opéra, ou dans des trucs qu’on essaie de garder en vie alors que tout le monde s’en fiche. »
On n’imagine pas la déflagration. Un nombre conséquent de maisons d’opéra et de ballet, partout sur la planète, ont réagi, souvent sur un ton badin, parfois avec gravité, pour dire leur réprobation, expliquer que leurs arts sont bien vivants, remplissent les salles, certains donnant des chiffres de fréquentation, d’autres invitant Chalamet à venir les voir. L’Opéra de Paris a posté des images de Nixon in China, une œuvre donnée en ce moment où l’on joue aussi au ping-pong. Le Metropolitan Opera, à New York, sur un ton plus solennel, a publié sur TikTok une vidéo montrant son personnel au travail : « Tout notre respect aux artistes d’opéra (et de ballet). »
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