
La nature fait souvent bien les choses (pardon pour le cliché). Dans l’Antarctique, elle a fait en sorte que trois espèces de manchots au cycle de vie assez proche ne se marchent pas dessus. Pas de risque, diront certains, le continent est vaste et pas franchement des plus peuplés. En réalité, trouver la bonne zone pour nidifier à la fin du printemps – ni trop glacée, ni trop neigeuse et disposant d’un réservoir de nourriture aussi vaste et proche que possible – ne laisse pas tant de choix que ça. Sauf que nos trois espèces, le manchot Adélie, le manchot à jugulaire et le manchot papou, ont le bon goût de se reproduire de façon décalée, justement dans cet ordre. Ou plutôt avaient le bon goût.
Une étude publiée le 20 janvier dans la revue Journal of Animal Ecology par une équipe internationale introduit une drôle d’amertume en bouche. Pendant dix ans, des chercheurs se sont relayés pour entretenir un réseau de 77 caméras, installées sur 37 territoires de la péninsule antarctique et des îles subantarctiques. Des territoires partagés par nos trois espèces. Ils y ont tout à la fois relevé l’évolution des températures et les changements de comportements, à commencer par la date de début de la période de reproduction.
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