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En raison d’une trop forte affluence dans les rues, une manifestation contre l’extrême droite a été interrompue à Munich dimanche 21 janvier. Selon les organisateurs, 50 000 personnes se sont rendues à ce rassemblement contre le parti d’extrême droite l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), soit deux fois plus que le nombre d’inscrits.

Des rassemblements étaient annoncés dimanche dans une quarantaine de villes allemandes (Berlin, Munich, Bonn, Cologne…) mais aussi dans des localités de taille beaucoup plus modeste. Quelque 250 000 personnes sont déjà descendues dans les rues samedi dans des dizaines de villes à travers le pays, selon la chaîne de télévision publique ARD.

Une mobilisation d’une rare ampleur qui témoigne du choc provoqué par la révélation le 10 janvier par le média d’investigation allemand Correctiv d’une réunion d’extrémistes à Potsdam, près de Berlin, où, en novembre, un projet d’expulsion massive de personnes étrangères ou d’origine étrangère a été discuté.

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Parmi les participants se trouvaient une figure de la mouvance identitaire radicale, l’Autrichien Martin Sellner, et des membres de l’AfD. M. Sellner y a présenté un projet pour renvoyer vers l’Afrique du Nord jusqu’à deux millions de personnes – demandeurs d’asile, étrangers et citoyens allemands qui ne seraient pas assimilés selon lui –, affirme Correctiv.

Cette révélation a secoué l’Allemagne alors que l’AfD ne cesse de progresser dans les sondages, à quelques mois de trois importantes élections régionales dans l’est du pays où les intentions de vote pour le parti d’extrême droite sont encore plus élevées que dans le reste du pays. Le mouvement anti-immigration a confirmé la présence de ses membres à la réunion, mais nié adhérer au projet de « remigration » porté par Martin Sellner.

La ministre de l’intérieur, Nancy Faeser, est allée jusqu’à estimer dans la presse que cette réunion rappelait « l’horrible conférence de Wannsee », où les nazis planifièrent en 1942 l’extermination des Juifs européens.

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« Dehors les nazis »

Les manifestations anti-AfD ont pris un rythme quotidien depuis une semaine. De vendredi à dimanche, une centaine de rassemblements étaient prévus. « Dehors les nazis », « pas de place pour les nazis », pouvait-on lire sur des pancartes de manifestants à Francfort, la capitale financière allemande, où quelque 35 000 personnes ont manifesté samedi.

Des responsables politiques, des représentants religieux et des entraîneurs de la Bundesliga, le championnat de football allemand, ont appelé la population à se mobiliser contre ce parti, actuellement au plus haut dans les intentions de vote.

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L’AfD a profité ces derniers mois du sentiment d’insatisfaction de la population résultant d’un nouvel afflux de migrants dans le pays et des querelles permanentes entre les trois partis de la coalition gouvernementale, sur fond de récession économique et d’inflation élevée. La formation d’extrême droite, entrée au Parlement en 2017, s’est solidement installée en deuxième position dans les intentions de votes (autour de 22 %) derrière les conservateurs, alors que la coalition gouvernementale d’Olaf Scholz avec les écologistes et les libéraux est confrontée à une impopularité record. Dans ses bastions de l’ex-RDA, l’AfD arrive même en tête des enquêtes d’opinion avec plus de 30 %. A six mois des élections européennes, plusieurs pays de l’Union européenne font face à une poussée de l’extrême droite, qui pourrait bouleverser les grands équilibres du Parlement européen.

Le Monde avec AFP

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