Le complexe de raffinerie d’Alger, à Baraki, au sud-est de la capitale, le 24 février 2022.

L’Algérie, dont la diplomatie fut naguère plus flamboyante, a opté pour une discrétion maximale dans la guerre qui embrase le Moyen-Orient. Dans la foulée de l’attaque américano-israélienne du 28 février contre l’Iran, deux communiqués, publiés en vingt-quatre heures et marqués par des contorsions langagières, ont illustré l’embarras d’Alger. Le premier se contentait d’appeler à la « retenue » face à l’« escalade militaire », sans toutefois nommer les agresseurs. Le second témoignait de son soutien « aux frères arabes » (Qatar, Arabie saoudite, etc.) victimes d’« agressions militaires », mais sans identifier l’auteur de la riposte – l’Iran. Bref, une terminologie à l’euphémisme calibré afin de ne fâcher personne.

Cette posture illustre le nouveau pragmatisme, au risque de la frilosité, d’une diplomatie algérienne louvoyant entre les écueils d’une géopolitique régionale explosive. Son objectif est de déminer l’impact de la crise en cours sur ses équilibres internes, lesquels sont avant tout indexés à la stabilité de son économie. De ce point de vue, les conséquences de la guerre contre l’Iran sont profondément ambivalentes pour le producteur d’hydrocarbures qu’est l’Algérie : positives à court terme, avec l’effet d’aubaine de recettes à l’exportation à la hausse ; négatives en raison d’une inflation importée – notamment d’entrants industriels – si la crise devait se prolonger.

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