La Russie réclame la levée supplémentaire de sanctions sur son pétrole brut
La Russie a réclamé vendredi à Washington une levée plus large des sanctions sur ses exportations de pétrole pour stabiliser les marchés mondiaux chamboulés par la guerre au Moyen-Orient, alors que l’Europe cherche au contraire à empêcher tout assouplissement.
Le ministère américain des finances Scott Bessent a annoncé jeudi la délivrance d’une licence autorisant la vente, jusqu’au 11 avril, de pétrole brut et de produits pétroliers russes chargés à bord de navires avant le 12 mars, 00 h 01, heure locale. Cette nouvelle autorisation, qualifiée de « mesure à court terme », vise à « accroître la portée mondiale de l’offre existante », a dit M. Bessent.
La Russie, l’un des principaux producteurs de pétrole, a cependant réclamé davantage, estimant qu’il était « impossible » de stabiliser le marché mondial de l’énergie sans le pétrole russe. « Nous voyons que les Etats-Unis cherchent à stabiliser les marchés énergétiques, et ici, nos intérêts coïncident », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors d’un point de presse quotidien auquel participait l’Agence France-Presse (AFP).
Mais « sans d’importants volumes du pétrole russe, une stabilisation du marché est impossible », a-t-il assuré, alors que les cours du brut se sont envolés depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février. L’émissaire du Kremlin pour les questions économiques, Kirill Dmitriev, a également insisté vendredi sur l’importance du pétrole russe dans ce contexte. « Les Etats-Unis reconnaissent en fait l’évidence : sans le pétrole russe, le marché mondial de l’énergie ne peut pas rester stable », a souligné M. Dmitriev tôt vendredi sur Telegram.
La Russie a été pendant des années un fournisseur majeur de pétrole et de gaz auprès des pays de l’UE, en particulier l’Allemagne et les pays d’Europe de l’Est, avant qu’ils ne se détournent, pour la plupart, des hydrocarbures russes après le déclenchement de la guerre en Ukraine en février 2022.



