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La neige parsème encore les rues de Villeneuve-d’Ascq (Nord), samedi 20 janvier. Au centre de la commune de la métropole lilloise, de jeunes écologistes distribuent des tracts invitant leur parti à se pencher sur une liste commune. « La jeunesse veut la Nupes [Nouvelle Union populaire écologique et sociale] », tancent-ils, devant la salle où Europe Ecologie-Les Verts (EELV) tient son deuxième meeting en vue des élections européennes du 9 juin.

Mais de candidature commune, il n’est pas question. Pis, alors que la campagne commence à peine, la gauche a commencé à s’entredéchirer, renouant avec ses « vieilles habitudes », comme l’a rappelé le député (Parti socialiste, PS) de l’Essonne Jérome Guedj sur X.

Ce week-end, Raphaël Glucksmann, qui conduira, sauf surprise, la campagne du PS pour ce scrutin, et qui devance les autres candidats à gauche dans les sondages, a été la cible d’EELV, de La France insoumise (LFI), et du Parti communiste (PCF). Les jours précédents, l’eurodéputé, considéré comme un refuge potentiel pour les déçus du macronisme, avait multiplié les interventions médiatiques, donnant des sueurs froides aux écologistes, qui bataillent pour le même électorat.

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A Villeneuve-d’Ascq, la candidate d’EELV, Marie Toussaint, a donc rompu avec « la douceur », dont elle avait fait son arme politique, pour griffer cet encombrant concurrent, qualifié de « chouchou » des « grands médias ». « On me dit, “Marie il faut que tu tapes sur Glucksmann. Dis que c’est un grand bourgeois, rappelle ses trahisons, etc.” Eh bien je ne vais pas le faire », a-t-elle lancé devant quelque 300 militants, dans un jeu dangereux rappelant les thèmes récurrents des attaques contre Léon Blum. Celle dont le grand-père était un « mineur » a fait référence aux « origines familiales » de Raphaël Glucksmann, issu d’un milieu privilégié et fils du philosophe André Glucksmann, tout en dénonçant ses « ambiguïtés politiques ».

Au même moment, à Bordeaux, l’intéressé tenait un meeting bien plus garni – il a revendiqué 800 personnes dans la salle et 500 devant. Sur scène, à ses côtés, José Bové invitait socialistes et écologistes à « faire liste commune » afin de « lutter contre l’extrême droite ». De quoi rendre furieux les Verts, déjà marris de voir l’ancien paysan syndicaliste leur échapper.

L’hostilité des écologistes

A cette requête, la secrétaire nationale d’EELV, Marine Tondelier, a adressé une fin de non-recevoir. « On ne va pas faire campagne avec Carole Delga, et son A69 en Occitanie, Alain Rousset, qui soutient les mégabassines en Nouvelle-Aquitaine, ou Loïg Chesnais-Girard qui soutient l’agrobusiness en Bretagne », a répondu la cheffe de file des Verts, en référence aux grands projets jugés anti-écologiques qui sont soutenus par les trois présidents de région socialistes.

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