La vaste opération contre la DZ Mafia menée en début de semaine s’est soldée par la mise en examen de 26 personnes – dont 15 ont été placées en détention provisoire –, a annoncé, samedi 14 mars, le procureur de Marseille, Nicolas Bessone.
Parmi ces 26 personnes mises en examen, neuf sont des femmes, ce qui témoigne, pour les autorités, d’une « véritable féminisation du narcobanditisme ». Cinq individus mis en examen sont déjà détenus, dont quatre le sont dans les prisons de haute sécurité. Par ailleurs, 20 sont originaires de Marseille, confirmant que ce groupe qui prospère autour du narcotrafic est bien « une organisation marseillaise », selon M. Bessone.
Le procureur a par ailleurs rapporté qu’un avocat figurait parmi les 26 mis en examen : il est soupçonné d’avoir été corrompu, permettant à un cadre détenu de l’organisation criminelle de communiquer avec l’extérieur et a été écroué.
Opération « Octopus »
Ce détenu, habituellement incarcéré dans une des prisons de haute sécurité, voulues par le gouvernement pour entraver les narcotrafiquants qui pilotaient leurs activités depuis leur cellule, a pu communiquer à l’extérieur grâce à la ligne ouverte par un avocat, des courriers d’avocat soumis au secret professionnel ou encore avec l’ordinateur de ce dernier, a détaillé M. Bessone.
La justice a lancé une vaste offensive contre la DZ Mafia en plaçant en garde à vue 42 personnes, avait-on appris mardi, dont les principaux chefs présumés de cette organisation criminelle qui prospère autour du narcotrafic.
Préparé depuis plusieurs mois dans la plus grande discrétion par deux juges d’instruction de la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille, le coup de filet, baptisé « Octopus » (« pieuvre »), a été piloté par les gendarmes de la section de recherches de Marseille. Il s’est déroulé dans plusieurs départements, notamment les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse et le Gard, avaient fait savoir des sources proches du dossier à l’Agence France-Presse.




