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Dans le département, tout le monde l’appelle « Bousquet-Castagne », en référence à ses méthodes musclées. A 64 ans, Serge Bousquet-Cassagne, agriculteur à la tête de la Coordination rurale (CR) du Lot-et-Garonne, natif de Fumel, dans le nord du département, est l’une des figures de proue de la colère agricole. Il est de ceux qui, samedi 27 janvier, au sein de la CR, ont appelé les agriculteurs à rejoindre Paris, d’Agen, pour bloquer le marché de Rungis (Val-de-Marne). Lundi 29 janvier, une trentaine de tracteurs sont partis à 30 kilomètres/heure sur les petites routes, avant de gagner l’autoroute. « Brigitte, prépare la soupe, on arrive ! », « On ne crèvera pas en silence », pouvait-on lire sur les banderoles.

Lire le décryptage | Article réservé à nos abonnés Colère des agriculteurs : pourquoi les mobilisations se poursuivent

Fondé en 1991, dans le Gers, le mouvement se veut, déjà à l’époque, en rupture avec la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), jugée « complice des mesures de la politique agricole commune de 1992, libérales et destructrices du monde paysan ». Devenu syndicat agricole en 1995, la CR se définit comme « apartisane » et « bâtit ses positions non pas sur une idéologie ou un programme partisan, mais sur le bon sens et la réflexion ».

Volontiers attrape-tout, la CR est à la fois « antiécolo », favorable au protectionnisme, en lutte pour la préférence communautaire et l’autonomie des agriculteurs. Elle se fait remarquer par ses actions coups de poing dans le Lot-et-Garonne : saccages de supermarchés ou de centrales d’achat, opérations commandos chez un négociant, blocages…

Dix-huit procès

En décembre 2022, la CR a élu à sa tête Véronique Le Floc’h, une éleveuse de bovins du Finistère, qui succède à Bernard Lannes, installé dans le Gers. Aujourd’hui, elle est le deuxième syndicat agricole français, au coude-à-coude avec la Confédération paysanne, avec environ 20 % des voix aux élections aux chambres d’agriculture de 2019, mais le seul en croissance depuis 2007. Loin derrière la FNSEA qui totalisait 55 % des voix sur des listes communes avec les Jeunes Agriculteurs, mais elle préside trois chambres d’agriculture dans la Vienne, la Haute-Vienne et le Lot-et-Garonne.

S’il a laissé le porte-parolat de la CR du Lot-et-Garonne à un tandem, José Pérez et Karine Duc, et ses mille adhérents, Serge Bousquet-Cassagne, également président de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne depuis 2013 (réélu en 2019 avec 59,67 % des suffrages), orchestre depuis près de trente ans toutes les contestations agricoles de ce département, riche de plus de soixante-dix productions, dont le fameux pruneau. Le syndicaliste et agriculteur a cumulé dix-huit procès en trente ans. Dernière condamnation en date, une peine de dix mois de prison assortie d’un sursis probatoire de dix-huit mois, prononcée en appel dans l’affaire du lac de Caussade, une retenue d’eau de 20 hectares, portée en 2018 par la chambre d’agriculture sur ses fonds propres et destinée à alimenter en eau une trentaine d’agriculteurs, construite en toute illégalité.

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